Le contraste s’accroît à voir leurs mouvements. Dans l’espace, Emma (Hilary Swank) évolue avec les membres de son équipage au sein d’Atlas, la mission vers Mars. Des parties du véhicule sont en apesanteur, les voyageurs évoluent gracieusement et parfois gauchement dans l’habitacle. Sur Terre, le mari, Matt (Josh Charles), a eu une attaque peu après le départ d’Emma. Le bas de son corps est paralysé, il lutte entre chaise roulante et kiné. Alors que son épouse file à des dizaines de milliers de km/h, jamais la gravité n’a été aussi pesante pour son époux, et sa fille, qui vit le drame.

On peut craindre le pire

Grosse sortie Netflix de la rentrée, Away peut faire craindre le pire à la lecture de son postulat. Une histoire de voyage spatial, première expédition vers Mars, dans laquelle la composante familiale prend autant d’importance que les défis des spationautes, c’est la voie lactée pour des couches de pathos à tout moment. Il y en a, mais le créateur Andrew Hinderaker (qui avait planché sur Penny Dreadful) évite les pièges en intensifiant son projet. Away constitue à la fois une fiction souvent crédible sur les dangers d’une telle entreprise, d’une durée d’au moins trois ans, et une saga de personnages complexes.