Dévoilé l’été dernier en compétition au Locarno Festival, en salles ce mercredi, Petite Solange a quelque chose de miraculeux. D’abord parce que ce film parlant du divorce à hauteur d’enfant est d’une justesse et d’une sensibilité bouleversantes. Ensuite parce que, suite à l’interruption brutale d’un tournage à peine démarré en mars 2020, son avenir était incertain. «Psychologiquement, cela a été très dur», nous confiait il y a six mois – sur les bords du lac Majeur – Axelle Ropert, ancienne journaliste et critique qui signe là son quatrième long métrage (le précédent, La Prunelle de mes yeux, avait déjà eu les honneurs de la compétition locarnaise en 2016). «Le cinéma est un art à la fois très puissant et très fragile. Il ne faut finalement pas grand-chose pour mettre un film à terre, il suffit que l’acteur principal ou le réalisateur tombe malade, que la météo soit épouvantable ou qu’il y ait un problème technique… On ne savait pas quand ce confinement allait se terminer, c’était éprouvant nerveusement.»