Festival de Cannes

«Ayka», le parcours d’une combattante

Sergey Dvortsevoy filme au plus près la lutte d’une jeune Kirghiz au bord du gouffre

Ayka, le personnage qui donne son titre au deuxième long métrage de fiction du cinéaste kazakh Sergey Dvortsevoy (dix ans après Tulpan, primé à Cannes dans la section Un certain regard), est une jeune vivant dans le dénuement le plus total, endettée pour avoir emprunté de l’argent en vue d’ouvrir son propre atelier de couture. Lorsqu’on fait sa connaissance, elle vient d’accoucher. A la maternité, une sage-femme lui demande d’aller nourrir son enfant. Mais elle préfère forcer une fenêtre et s’enfuir sous la neige. Un bébé serait un fardeau.

Histoire universelle

Ayka est de tous les plans ou presque d’Ayka. La caméra, dans une approche naturaliste, la suit au plus près, sans jamais chercher à transcender son parcours de combattante à travers une quelconque recherche esthétique. Dvortsevoy semble avant tout vouloir atteindre une sorte de vérité documentaire. Ayka passe d’un emploi à l’autre, ne répond pas aux appels de ses créanciers, a pour logement quelques misérables mètres carrés loués dans un immeuble insalubre abritant des dizaines de clandestins rêvant de voir leur situation se régulariser. On devine qu’elle est Kirghiz, et qu’on se trouve quelque part en Russie.

L’histoire d’Ayka a quelque chose d’universel. Son histoire, on l’a déjà vue, filmée ailleurs. Le film de Dvortsevoy n’est pas mieux ou moins bien que tant d’autres, mais il reste trop sur ses rails, avec pour seul programme une caméra tremblante voulue comme une extension de son héroïne, pour réellement convaincre.

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