le festival de cannes entre les oreilles

Bain de minuit

Tous les jours, l’un de nos envoyés spéciaux, Antoine Duplan, nous envoie une carte postale sonore…

Samedi 26 mai. Clic-Clac, Flash flash flash. Le réflexe photographique cannois crépite comme un solo d’Elvin Jones…

… Pas seulement celui des professionnels, mais des autres: les blogueurs, les badauds qui dégainent leur appareil photos dès qu’ils aperçoivent une star à 100 m. Que deviennent ces milliards de clichés. Ou finissent-ils?

Vendredi 25 mai. Le soleil est revenu sur Cannes. La Côte d’Azur a retrouvé le sourire… … mais de nombreux films évoquent la crise et Antoine Duplan ne se marre pas toujours. Quoique. La preuve avec le dernier film du réalisateur iranien d’Abbas Kiarostami.

Jeudi 24 mai. Cannes a vécu une journée comme elle n’en a plus connu depuis le passage des Huns, au Ve siècle Côté tapis rouge, rien à signaler. Côté salle, Antoine Duplan a été le témoin du Grand Soir de Benoît Delépine et de Gustave Kervern. Aidés de Benoît Poelevoorde et Albert Dupontel, les deux réalisateurs ont savamment orchestré un saccage dont Cannes se souviendra longtemps.

Mercredi 23 mai. Réalité ou irréalité de Cannes? Antoine Duplan s’interroge

Une affiche du remake de Total Recall est l’occasion pour notre envoyé spécial à Cannes de s’interroger sur la réalité du festival. Quelle est-elle? Les Guignols de l’Info sur le plateau de Canal +? Les pingouins sous les flashs des photographes? Les limousines sur le front de mer? Côté tapis rouge, nous sommes dans la réalité augmentée chère à Philippe K. Dick, le réalisateur de Total Recall mort il y a 30 ans.

Mardi 22 mai. La pluie et le soleil sont complémentaires à Cannes. Signe de la fin du manichéisme?

Ce serait sans compter avec «Des hommes sans loi», le film de l’Australien John Hillcoat, qui rassurera tous ceux qui craignaient de voir ce manichéisme s’évaporer dans les brumes de l’abstraction. Avec Hillcoat, l’axe du mal, du vrai, durera encore longtemps.

Lundi 21 mai. C’est l’heure de l’apéro et de la fièvre des pronostics. Antoine Duplan tient la palme!

A Cannes, le sport national c’est de deviner la palme d’or. Alors on suppute; on conjecture; on vaticine; on se perd dans les calculs stochastiques. «22, la voilà!» Mais tout cela n’est-il pas dérisoire? En plus de ça, le temps est exécrable…

Dimanche 20 mai. Cannes possède une caste de mendiants unique au monde

Le soleil ne brille pas pour tout le monde à Cannes. Il y a ceux et celles, en effet, qui mendient une carte pour espérer voir certains films.. Ou un film. Ou n’importe quel film. Les plus professionnels brandissent leur iPad: «Recherche entrée pour…»

Samedi 19 mai. Il y a quelque chose de pourri dans le monde. Le cinéma le montre

Face à la place de la gare peut-être la plus hideuse du monde, Antoine Duplan philosophe sur les arrière-villes hideuses, les envers de cartes postales, les décharges en plein air. Cela aussi, le cinéma le filme. Loin du glamour des marches du Palais du Festival.

Vendredi 18 mai. La mer n’est ni sombre, ni lisse: elle peut semer l’effroi

A Canne, la mer danse le long des terrains de golfs chers. La mer, elle inspire aussi le cinéma. Pour instiller parfois l’angoisse, semer l’effroi. Ainsi cette année dans «De rouille et d’os», le film de Jacques Audiard avec Marion Cottillard, où d’orques il est question.

Jeudi 17 mai. Il était une fois, le père de tous les tapis rouges

Pour son premier petit matin d’aube, notre chroniqueur jette un regard épique et dérisoire sur le tapis rouge de Cannes. Le père de tous les tapis rouges, qui est au glamour ce que le Panthéon est aux Grands Hommes. Un tapis rouge que les talons aiguilles, jour après jour, perceront au cœur…

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