La direction des Bains de Saillon sauvera 50 de ces 167 employés menacés de licenciement. Voici le résultat de la procédure de consultation entreprise dans le cadre de la restructuration annoncée le 20 mai dernier. Peut mieux faire, répliquent en substance les syndicats chrétiens du Valais et Unia qui dénoncent l’absence de plan social.

«Plus les réserves»

Le résultat de cette procédure de consultation est «plus que contrasté et mitigé», écrivent-ils ce lundi dans un communiqué. Ils dénoncent particulièrement la non-entrée en matière de l’entreprise «sur la négociation d’un plan social» alors que 117 personnes ont perdu leur emploi. Une pratique «pourtant coutumière et usuelle lors d’un licenciement de cette ampleur en Valais.»

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«Nous n’avons pas les moyens de proposer de plan social», déclare Dan Meylan, le directeur général des Bains de Saillons SA. Après bientôt un an et demi de crise sanitaire, l’entreprise «n’a plus les réserves suffisantes» pour pouvoir aider davantage ses collaborateurs.

L’assurance perte d’exploitation couvre les frais depuis le début du sinistre. «Elle nous assure le chiffre d’affaires que l’on aurait fait en temps de Covid», relève Dan Meylan. En parallèle, elle exige de restreindre encore les dommages. «Cela passe, malheureusement, par des licenciements.» Ceux-ci ont été prononcés il y a quelques jours et le délai de congé commence à courir dès le mois de juillet.

«Après analyse de toutes les propositions émises par le personnel et les syndicats, nous avons pu maintenir cinquante emplois aux Bains de Saillon, essentiellement grâce à la réouverture de l’hôtel Farinet et du restaurant principal fin août», note-t-il encore. Ce dernier espère toutefois pouvoir retrouver les collaborateurs dont il s’est séparé dès que le complexe se préparera à rouvrir.

D’ici décembre 2022

De leur côté, les syndicats estiment «que l’entreprise aurait pu sauver plus d’emplois.» Ils soulignent avoir «fait des propositions réalistes au vu de la situation, estime Francine Zufferey, en charge du tertiaire auprès d’Unia Valais. Nous savons aussi qu’il y a un grand groupe derrière – les Bains.»

Certes, il n’y a pas d’obligation de plan social pour les entreprises qui emploient moins de 250 collaborateurs, «mais certains d’entre eux ont eu une grande fidélité pour l’entreprise, indique-t-elle. On attendait un geste. Les Bains de Saillon ont tout refusé. On est déçu de la décision finale.»

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Le jour de Noël 2020, un feu s’est déclaré dans un local technique du complexe des bains, en raison d’un court-circuit. Personne n’a été blessé mais les dégâts occasionnés se chiffrent en millions de francs et le centre doit fermer ses portes pour panser ses plaies. Les travaux, beaucoup plus importants que prévu, devraient prendre dix-huit mois et les bains rouvrir finalement leurs portes en décembre 2022.