Le Journal de Tintin forçait le respect. C’était un monument, une Haute cour de la bande dessinée où siégeaient des titans solennels, Hergé, Jacobs, Cuvelier… En 1975, une sublime dissonance a résonné dans ce panthéon quand un nouveau personnage est apparu. Il s’appelait Jonathan. Moins clean que Tintin, plus hirsute que Blake et Mortimer, il ressemblait aux jeunes lecteurs transfigurés par Mai 68. Un texte d’introduction présentait ce héros amnésique comme un ami de l’auteur, Cosey, né Bernard Cosendai à Lausanne. En bonus, une playliste accompagnait l’aventure – pour Souviens-toi Jonathan… – premier album de la série, c’était Pink Floyd (Obscured by Clouds), Mike Oldfield (Tubular Bells) et Ravi Shankar, toute une époque…