L’un joue de l’aube au soir de son violoncelle à Paris, l’autre du soir à l’aube de sa kora à Bamako. En 2002, ils se sont rencontrés à la sortie d’un concert de Ballaké Sissoko en France et se sont immédiatement branchés sur la même onde musicale. Depuis, ils ont recréé et peaufiné ce lien dans la cour de l’immeuble où loge Vincent Ségal puis dans des concerts improvisés en France et en Afrique, jusqu’à ce beau jour de 2008 où ils ont décidé de coucher sur disque leurs conversations. En est issu un manifeste sonore publié sous le nom de code Chamber Music. Un intitulé qui se réfère à la musique classique occidentale, mais rappelle aussi que l’empire du Mali ou empire mandingue (XIII-XVè siècle) fut immense avec une organisation politique (confédération d’états) et culturelle sophistiquée dont les griots furent les principaux acteurs et dépositaires.

Cet album presque entièrement instrumental et 100% acoustique s’inscrit d’emblée dans les charts world music et rafle une Victoire du Jazz dans la catégorie «Meilleur album international». Depuis, Ballaké Sissoko et Vincent Ségal poursuivent leur chemin dans différents projets tout en gardant en leur cœur ce refuge intemporel. Leur duo est un must de toutes les grandes scènes du monde: il se produira sur celle du Montreux Jazz demain. En primeur, rencontre virtuelle entre l’Italie et la Grèce.