Hyperlien

Du «Basique» d’Orelsan au «Chocolat» de Roméo

«Le Temps» a mis en ligne, en début de semaine, une vidéo dans laquelle le rappeur belge Roméo Elvis décortique quelques-uns de ses morceaux. Cette capsule est le dernier épisode en date de notre série intitulée «Le dessous des textes»

Le rappeur belge Roméo Elvis s’arrête en Suisse ce vendredi. Il se produira à l’Arena de Genève dans le cadre d’une tournée automnale qui le voit défendre son dernier album, Chocolat. Dans le titre La Belgique Afrique, il dit ceci: «Je suis vraiment fier d’être Belge même si j’ai honte de nos ancêtres/Vive notre économie, on n’en serait pas là sans les colonies.» Il considère ce nouveau disque comme le plus intime qu’il ait enregistré à ce jour, celui sur lequel il révèle le plus de choses sur sa personnalité. Il n’aime pas le mot thérapie mais, à chaque fois qu’il constate à quel point les retours du public lui font du bien, il avoue que, finalement, il s’agit bien d’une sorte de thérapie par la musique.

Orelsan, Lomepal, Niska... Le dessous des textes se décline en série

De passage à la rédaction du Temps, face caméra, il nous a expliqué comment est né La Belgique Afrique, ce morceau qui le voit évoquer le passé colonialiste de son pays: «C’est la première fois dans un texte que je dis que j’ai honte aussi d’être Belge. Je dis beaucoup le mot «Bruxelles», de manière parfois épileptique, mais ça ne veut pas dire que je suis patriote; il y a plein de passages de l’histoire qui sont flous et qui nous mettent mal à l’aise, et j’avais envie de l’assumer pour dire que, si je suis Belge à 100%, je reconnais aussi les erreurs de la Belgique.» Et d’ajouter avec un humour taquin: «Il n’y a pas que la défaite à la Coupe du monde, il y a des choses bien plus honteuses que ça: par exemple avoir perdu contre les Suisses!»

Visible sur notre site ainsi que sur YouTube, cette vidéo dans laquelle Roméo Elvis décortique quelques-unes de ses chansons fait partie d’une série intitulée Le dessous des textes, démarrée en novembre 2017 avec Orelsan. Le rappeur y expliquait notamment comment il avait eu l’idée d’une chanson simple, intitulée Basique, qui deviendra le plus gros succès de sa carrière. Quelques semaines après la publication d’un portrait écrit par un de nos correspondants à Paris, un collègue avait eu l’idée, lors du passage d’Orelsan à Genève, de lui faire commenter ses textes. Pour voir ce que cela donnerait. Et quelle ne fut pas notre surprise, et surtout notre joie, lorsque nous avons constaté que cette vidéo conçue comme un test avait dépassé le million de vues. C’est à ce moment-là que nous avons décidé de décliner le concept en série.

Mais nous ne sommes pas basés à Paris et, lorsque des artistes passent par la Suisse romande dans le cadre de leur tournée de promotion (les interviews pour la presse écrite se font souvent par téléphone), il n’est pas toujours facile d’obtenir le temps nécessaire à la réalisation d’une vidéo. Une année après avoir tendu le micro à Orelsan, nous avons finalement réussi à produire un nouvel épisode, avec cette fois Lomepal. Diffusée peu après la sortie de son album Jeannine, la vidéo atteindra rapidement les 400 000 vues. Mieux, lorsqu’on accueillait le rappeur pour le filmer, il nous disait avoir vu et aimé la capsule avec Orelsan, tout en ignorant qu’elle émanait d’un média suisse.

Ces deux premières vidéos, mettant en scène deux artistes français parmi les plus influents du moment, seront une belle carte de visite pour la suite. Cette année, Gringe, Niska, Angèle puis son frère Roméo Elvis se sont à leur tour prêtés au jeu des Dessous des textes. Avec souvent à la clé de jolies confidences, comme lorsque la chanteuse belge nous parlait de ses angoisses et de sa peur de l’après, du moment où elle sera peut-être oubliée. Si ce format fonctionne parfaitement avec le rap, genre musical où les paroles sont souvent frontales, nous souhaitons à l’avenir nous intéresser à d’autres styles. A suivre donc.

Publicité