La Bâtie Festival de Genève débute dans une semaine tout juste. André Waldis, son directeur, faisait le point hier devant la presse sur un programme touffu. En ouvrant le cahier de 66 pages qui le détaille, le quidam ne peut, dans un premier temps, que s'effrayer devant la forêt de rendez-vous qui lui est proposée. Tout semble s'enchevêtrer. Mais tout ceci est totalement assumé par une équipe de programmation qui a travaillé en parfaite collaboration. C'est le résultat d'une véritable réflexion sur le fonctionnement actuel de la culture.

Ainsi, dans la droite ligne de la dernière édition qui avait pour thème «copier/coller», la programmation de cette année accueille de nombreux spectacles utilisant les médias électroniques. A commencer par le spectacle d'ouverture, Memorandum, grande production internationale à laquelle participe La Bâtie. Il est dû à Dumb Type, un groupe fondé en 1984 par des étudiants japonais (plusieurs autres spectacles viennent du pays du Soleil-Levant) pour casser les frontières entre les disciplines. Du coup, architectes, vidéastes, musiciens, informaticiens, danseurs choisissent de travailler ensemble.

Ces croisements continueront durant les 17 jours du festival. Ainsi, on pourra voir un spectacle de danse réalisé avec des rockers (Plage Tattoo dansé et créé par Koen Augustijnen et Tomayao Okano, mais aussi trois musiciens des Zita Swoon), ou encore un spectacle qui «imbrique» le théâtre d'ombres balinais et les samplers (Bali Bioskop, monté par les frères Dasen, deux Genevois, l'un musicien l'autre ethnomusicologue).

En invitant ainsi des artistes qui osent se confronter à de nouvelles expériences, à d'autres outils, les organisateurs ont aussi eu envie de proposer plusieurs rendez-vous à certains, à la manière de ce qui s'était passé avec Jan Fabre l'an dernier. Ainsi retrouvera-t-on les Belges Zita Swoon en concert. Ou encore Olivier Cadiot, auteur de Le Colonel des zouaves, l'un des moments théâtraux attendus du festival, qui s'est vu confier une soirée où se mêleront lectures, chansons et musiques.

Par ailleurs, un accent est mis sur les créations, tant en danse qu'en théâtre ou en musique, la Bâtie s'affirmant ainsi comme un producteur autant que comme une structure d'accueil. Ce qui donne plus que jamais au festival les caractéristiques d'un lieu de découvertes. La forêt de rendez-vous est dense, mais elle recèle sans aucun doute quelques merveilles.

La Bâtie festival de Genève, dans 25 lieux à Genève et en France voisine, du 1er au 17 septembre. Rens. au 022/738 19 19 et sur www.batie.ch