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La BD érotique, un genre qui se renouvelle

La sexualité revient en fanfare dans le 9e art, en partie porté par une nouvelle génération d’illustratrices bien décidées à raconter la sexualité féminine sans tabou – pour changer le regard sur les femmes, mais d’abord pour s’amuser

Dans son dernier album paru dans la collection BD Cul des Requins Marteaux, et intitulé Déesse, Aude Picault revisite avec un féminisme grivois et joyeux le mythe de Lilith, Eve et Adam. Elle y montre des femmes à la sexualité décomplexée et joueuse, jusqu’à ce que l’homme décide de la mettre sous cloche pour jouer les patrons. Fin juin, Nine Antico, autre star de la BD francophone, publiait Maléfiques (L’Association), une plongée dans la vie intime d’une bande de copines à la Claire Bretécher, mais avec un ton plus cru…

Alors que les ventes de la bande dessinée s’envolent, notamment grâce à l’essor du roman graphique, le sexe revient en fanfare dans le 9e art, en partie porté par une nouvelle génération d’illustratrices bien décidées à raconter la sexualité féminine sans tabou. «En ce moment, les femmes s’emparent du porno en convoquant un spectre très large qui va de l’érotique au ludique et c’est réjouissant. Elles sont dans une véritable réappropriation des connaissances liées à leur corps et leur sexualité», s’enthousiasme Nine Antico, qui n’en est pas à sa première BD «sexe» mais qui a cherché, avec la dernière, «à traiter la sexualité féminine d’un point de vue très quotidien et débarrassée de toute coquetterie, pour parler du rapport au corps, de l’indépendance par rapport à ses plaisirs, mais aussi pousser quelques coups de gueule gynécologiques ou sur la norme maternelle».