A 32 ans, Philippe Neyroud est déjà un habitué des milieux culturels romands. Universitaire de formation, le Lausannois s'est d'abord exercé au journalisme avant de se familiariser avec l'organisation et la promotion de festivals. Durant une dizaine d'années, il a ainsi collaboré au Montreux Jazz Festival, puis au Rock'oz Arènes d'Avenches. Nommé au mois de juillet à la tête du Festival international de la bande dessinée de Sierre, il s'efforce aujourd'hui de cerner les principaux besoins de la manifestation.

Le Temps: Le poste de directeur du Festival a été créé pour vous. Quelle sera votre tâche?

Philippe Neyroud: La création de ce poste correspond à un désir de professionnaliser la petite structure qui gère le festival. Mais, pour l'instant, mon cahier des charges consiste surtout à ficeler un financement qui assure la pérennité de l'entreprise et à mettre en place une communication efficace.

– Comptez-vous intervenir sur la ligne éditoriale du festival?

– Je suis plutôt quelqu'un qui aime dresser ses antennes, écouter avant d'agir. Pour moi, l'édition de l'an 2000 sera une sorte de round d'observation. J'apporterai ma patte personnelle ensuite. Je connais assez peu le festival pour n'y être venu qu'une fois. Et j'ai besoin de le vivre une fois de l'intérieur avant de prendre des décisions touchant aux options artistiques, financières ou structurelles. Le festival de Sierre arrive à sa 17e édition en l'an 2000, et je n'ai pas envie de faire la révolution à peine installé.

– Vous intégrez une structure qui gère le Centre suisse de la bande dessinée. Avez-vous des projets sur ce front-là?

– C'est une des grandes missions qu'on m'a assignées. Je souhaite dynamiser cet outil en en faisant autre chose qu'un lieu d'exposition. On va essayer de mettre en place un réseau de collaborations. L'idée, c'est de faire prendre conscience aux milieux institutionnels et économiques de l'importance de la BD comme vecteur culturel et de profiler cet endroit comme un pôle d'excellence, au même titre que l'Ecole d'Angoulême ou le Centre belge de la bande dessinée.

– Comment situez-vous Sierre par rapport aux autres festivals de BD francophones?

– Notre festival est considéré comme le numéro deux, derrière Angoulême. Ceux de Blois et de Saint-Malo sont à peu près de la même importance que nous. Nous essayons de créer des liens avec eux. Il me semble qu'il y a des choses à faire dans le domaine des coproductions.