Bande dessinée

BDFIL: un gorille pour la torgnole, un chat pour la caresse

Le festival lausannois dévoile son programme. Alex Baladi est l’invité d’honneur, Tif et Tondu ressuscitent et Milton fait patte de velours avec les enfants

C’est un coup de poing qui va bientôt percuter les badauds lausannois. Bing! C’est l’affiche de BDFIL, signée Baladi. Sur fond rouge de pulp, le logo du Festival de bande dessinée se détache en lettres jaunes, frissonnantes comme le titre d’un giallo gothique. Ce manifeste pop se complète dans le coin inférieur gauche par un gorille à face bleue et toison jaune hérissée. Il gueule et le phylactère qu’il émet renferme une pelote d’énervement dont quelques nuages pâtissiers, roses et crème, ne suffisent à atténuer la virulence…

Héros suisse de la nouvelle bande dessinée, le flegmatique Alex Baladi a rompu avec le noir et blanc dont il est coutumier pour signer ce visuel pétaradant. Auteur d’une trentaine d’ouvrages repoussant les limites de la figuration narrative (Frankenstein encore et toujours, Goudron plumé, Baby…) chez des éditeurs pointus (Atrabile, L’Association, Drozophile…), cet habitué de BDFIL y a déjà créé un western-poya, participé à des duels graphiques et dessiné des chats noirs qui s’emberlificotent dans des portées musicales. Il y présentera son nouvel album, Robinson suisse, qui revisite l’immortel roman d’Isabelle de Montolieu.