Les professeurs Tournesol, Septimus et Dieuleveult n'ont qu'à bien se tenir: le festival de Sierre BD'01 célébrera cette année les noces fécondes de la science et de la bande dessinée. Mais les responsables du festival, qui se déroulera du 14 au 17 juin, devront aussi déployer toute leur science pour affronter un environnement nouveau, avec le désistement de Diffulivre, le diffuseur de Saint-Sulpice qui représente plusieurs éditeurs importants, et l'absence d'équipes éditoriales de Dupuis et, peut-être, d'autres éditeurs, qui ne seront plus représentés que par des libraires.

Pour le grand public, cela ne change pas grand-chose, mais à terme, ce retrait peut avoir des incidences sur la présence de dessinateurs, qui se déplacent moins volontiers seuls, et sur l'intérêt des rencontres professionnelles qui peuvent se faire dans le cadre d'un festival. En outre, l'arrivée annoncée d'un nouveau festival de bande dessinée en octobre à Lausanne, même s'il ne se pose pas en concurrent de Sierre, devra être observée avec attention.

Présence réexaminée

La plupart des grands éditeurs ont passé au crible leurs campagnes de marketing, de plus en plus diversifiées, et ont prié leurs équipes commerciales d'argumenter sur les bonnes raisons qu'il y aurait à rester à Sierre: l'an dernier, Casterman, le Lombard et Dupuis notamment avaient des doutes sur le maintien de leur présence, Glénat ou Delcourt étant plus convaincus de l'intérêt de rester. Finalement, Diffulivre (Dupuis, Humanoïdes Associés, Albin-Michel, Albert-René, etc.), qui occupait un bon tiers de la surface disponible, a jeté l'éponge, sans toutefois couper complètement les ponts: «Rentabiliser des manifestations comme Sierre ou Genève n'est pas le but prioritaire, mais il vient un moment où les dépenses deviennent complètement disproportionnées, explique son directeur général, Jean-Marc Piccard. Nous notons depuis quelques années une érosion du nombre de visiteurs dans le village des exposants, et une diminution du chiffre d'affaire des stands. J'en conclus qu'une partie des 45 000 visiteurs annoncés vient surtout pour faire la fête.» Mais Diffulivre a négocié avec trois libraires romands qui représenteront chacun un ou plusieurs de ses éditeurs, et mettra sa logisitique à leur disposition.

«Tout est loué»

Philippe Neyroud, le directeur du festival, reste optimiste: «C'est une évolution à laquelle nous devons rester attentifs, mais cela ne devrait pas mettre en péril notre existence. Pour le public, cela ne change rien, au contraire peut-être: au lieu d'un très grand stand de Diffulivre, il trouvera les différentes éditions dans des stands plus personnalisés, et la présence des auteurs est assurée. Nous avons un petit manque à gagner sur les locations de stands, mais à ce jour, pratiquement toute la surface disponible est louée.»

Pour en revenir au thème de l'année, il sera dominé par une grande exposition «Savants fous, merveilleux inventeurs», en collaboration avec le Festival Science et Cité de Lausanne et la Maison d'Ailleurs d'Yverdon, une exposition sur Jean-Claude Mézières (il y a science dans la science-fiction) et une autre autour de Galilée, avec le dessinateur Claude Renard. Judicieusement, le nombre d'expositions a été limité pour concentrer les moyens disponibles.

• Le concours des Nouveaux Talents, ouvert aux plus de 15 ans n'ayant jamais publié, a pour thème la fameuse sentence de Rabelais: «Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.» Délai: 21 avril.

Règlement sur www.bdsierre.ch