The Beach Boys. Smile Sessions , 2 CD, Capitol/EMI. Env. 33 fr./MP3, 20 fr.

La sortie de Smile constitue l’exhumation d’une chimère pop. Presque quarante-cinq ans après sa parution agendée, les sessions d’enregistrement de cet album perdu des Beach Boys ont soudain refait surface dans les archives poussiéreuses du label Capitol, qui, logiquement, ne se prive point d’exploiter cet inespéré filon. Une aubaine que la firme a déclinée en trois produits: un coffret de 5 CD, un double trente-trois tours et ce double CD qui offre un bel aperçu de ce qu’aurait pu être cet album inachevé. Suite du luxuriant Pet Sounds (1966) et de son hymne «Good Vibrations» ayant forgé la renommée des Californiens, Smile se voulait une ambitieuse symphonie pop faite d’une infinité de collages sonores et thèmes musicaux. Du cerveau déjà abîmé du démiurge Brian Wilson jaillit alors une œuvre d’une candeur absolue, aux complexités harmoniques délicieusement folles: «Surf’s up» ou «Heroes And Villians». Rien à voir avec Smiley Smile, succédané publié dans la foulée pour faire oublier à Capitol la désillusion (financière) qu’a été Smile.