Across the Universe, George Harrison: Living in the Material World de Martin Scorsese, Nowhere Boy, Eight Days a Week et même la série animée Beat Bugs… Les Beatles ont nourri des dizaines de films en tout genre, documentaires et fictions, depuis leur séparation en 1970. Mais Paul, John, Ringo et George ont eux-mêmes noué des liens avec le cinéma. George Harrison a notamment produit La Vie de Brian des Monty Python. Tous ensemble, ils avaient également envisagé d’adapter… Le Seigneur des anneaux. Stanley Kubrick avait même été envisagé à la réalisation pour diriger John en Gollum, Paul en Frodon, Ringo en Sam et George en Gandalf. Le projet est finalement abandonné, Tolkien ayant refusé de leur céder les droits.

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Peter Jackson, qui a finalement porté à l’écran la trilogie de l’anneau, prépare justement un documentaire sur les Beatles. Basé sur 55 minutes d’images du groupe en studio tournées en janvier 1969 pendant l’enregistrement de Let It Be, le film devrait sortir en 2020, pour marquer le 50e anniversaire de l’album. La sortie du Yesterday de Danny Boyle incite à (re)découvrir les cinq films dont ils sont les héros.

Le plus ironique: A Hard Day’s Night de Richard Lester (1964)

Pour leur troisième album studio, les Beatles décident d’en faire la bande originale d’un film du même nom. Ce sera donc A Hard Day’s Night. L’expression a été prononcée à la fin d’une session d’enregistrement par Ringo Starr, épuisé. Les Fab Four en tirent un film à l’intrigue floue, dans lequel les quatre garçons dans le vent prennent le train pour donner un concert puis finissent par fuir la police ou jouer dans un bain de mousse. L’action se situe en 1964, en pleine Beatlemania, alors même que le mot «Beatles» n’est jamais prononcé dans le film… Le quatuor décrit les joies et les peines de la célébrité avec beaucoup d’ironie. Il raille les journalistes qui demandent: «Comment avez-vous trouvé l’Amérique?» Et John de répondre: «En tournant à gauche, après le Groenland.» Le film, en noir et blanc, montre les Beatles dans leur jeunesse flamboyante, s’amusant à perdre le spectateur en cours de route avec un plaisir communicatif.

Le plus délirant: Help! de Richard Lester (1965)

Premier film des Beatles en couleur, Help! est aussi une pure fiction, au contraire de A Hard Day’s Night. Là, il est question d’une mystérieuse secte, d’une bague sacrée et de fuite dans les montagnes autrichiennes. Les Beatles font également appel à Scotland Yard et partent même pour les Bahamas. Un scénario totalement délirant, dont Ringo tient le rôle principal, piégé par un certain anneau sacré… Le film est bien évidemment associé à l’album homonyme, composé de quelques titres à peine connus comme Yesterday, Ticket to Ride ou Help!. Si les Fab Four ont admis par la suite qu’ils n’appréciaient pas particulièrement le long métrage, ce sommet de burlesque anglais vaut tout de même le coup d’œil.

Le plus «paul mccartneyesque»: Magical Mystery Tour de Bernard Knowles (1967)

Ce téléfilm de la BBC simplement barré aurait bien mérité une diffusion en couleur pour mettre en valeur son psychédélisme. Problème: les télévisions de l’époque ne permettaient pas une telle retransmission. Sur une idée originale de Paul McCartney, Magical Mystery Tour est un film à sketches totalement foutraque. Son absence de réel scénario a totalement décontenancé les fans, qui n’ont pas vraiment embarqué dans ce tour frénétique et confus. Les Monty Python, eux, y ont vu une inspiration pour leur Sens de la vie.

Le plus cartoonesque: Yellow Submarine de George Dunning (1968)

A la fin des années 1960, la musique des Beatles prend un tournant psychédélique. Le producteur Al Brodax soumet à leur manager, Brian Epstein, un scénario de long métrage d’animation basé sur leurs chansons. Lucy In the Sky With Diamonds, All You Need Is Love ou Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band prennent vie dans ce dessin animé coloré. Yellow Submarine reste le plus iconique des films des Beatles et a été acclamé pour son style graphique, très original et totalement en phase avec son époque. Pourtant, la création fut chaotique, marquée par la mort tragique de Brian Epstein et la réticence des Beatles. Le quatuor ne prête même pas sa voix aux personnages du film, remplacés par des doubleurs, élèves aux Beaux-Arts. Il se murmure que 13 bébés ont été conçus pendant la réalisation de Yellow Submarine, en plein Summer of Love…

Le plus crépusculaire: Let It Be de Michael Lindsay-Hogg (1970)

Janvier 1969. Les Beatles composent leur avant-dernier album et montrent les premiers signes de discorde. La présence de l’équipe de tournage met les Fab Four dans un état de grande tension, rendant les sessions d’enregistrement difficiles. Ce déclin est capté dans Let It Be, un film aujourd’hui introuvable.

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Le long métrage se termine par le mythique dernier concert du groupe, sur le toit des studios Abbey Road, à Londres, le 30 janvier 1969. Une représentation «privée», d’une durée de 42 minutes, interrompue par une intervention de la police. Le «rooftop concert» reste le symbole du crépuscule de ce groupe anglais de légende, «plus populaire que Jésus».