Lausanne

Victor Brauner

Né en Roumanie d'une famille juive d'origine allemande, Victor Brauner (1903-1966) vient s'installer dès 1930 à Paris. Il est très vite adopté par le groupe surréaliste, qu'il impressionna en se représentant, en 1931, l'œil énucléé – ce qui devait effectivement survenir en 1938 dans des conditions que le portrait décrivait avec une hallucinante précision prémonitoire.

Obligé de se réfugier dans la clandestinité, durant l'Occupation, Brauner est contraint d'utiliser des matériaux de fortune. Le brou de noix et la cire se révéleront particulièrement aptes à transcrire sa propre vision. Une sorte d'archaïsme merveilleux qui empruntera beaucoup – après sa rupture avec le surréalisme en 1948 – aux arts primitifs et aux sciences occultes pour exprimer des archétypes universels.

L'exposition est du reste articulée en plusieurs thèmes qui traversent toute la carrière de Brauner: «Talisman», «Enfances», «La pensée sauvage», «Bestiaire», «Les noces du double». D'autres sections, «Visions oniriques» et «Portrait-robot de la tyrannie», se concentrent sur certaines périodes. Tandis que «Conquête de la matière» ou «L'esprit du trait» s'attachent aux techniques expérimentées par l'artiste. Conçue par la Fondation de l'Hermitage, l'exposition est présentée exclusivement à Lausanne.

Fondation de l'Hermitage (route du Signal 2, tél. 021/ 320 50 01). Ma-di 10-18h

(je 21h). Du 9 juillet au 10 octobre.

Paris

Monet, le cycle des «Nymphéas»

Suite à la promesse faite à son ami Georges Clemenceau au lendemain de l'Armistice, Claude Monet offre à l'Etat français le grand ensemble décoratif des Nymphéas. Lequel fut installé sur ses directives au Musée de l'Orangerie. Où il se trouve toujours. Mais plus tout à fait dans les conditions initiales. Celles-ci seront rétablies après la rénovation de l'Orangerie, prévue jusqu'à fin 2001. C'est donc la dernière occasion de voir les Nymphéas avant longtemps. Pour la circonstance, ils ont été entourés d'une soixantaine d'autres tableaux documentant le thème et provenant des plus grandes collections privées et publiques de France et du monde entier. A noter que l'exposition est différente, par son propos, de celle présentée récemment à Londres.

Musée de l'Orangerie (jardin des Tuileries, tél. 00331/ 42 97 48 16). Ts les jours (sauf ma) 10-20h (lu 21h). Jusqu'au 2 août.

Robert Delaunay

Peintre de la vie moderne, ayant développé en marge des fondements spirituels de Kandinsky, Mondrian et Malevitch, une conception purement optique de la peinture, Robert Delaunay (1885-1941) apparaît comme un passeur essentiel entre l'impressionnisme et les grands courants formalistes de l'abstraction du XXe siècle. A l'aide des importants ensembles des Tour Eiffel, des Fenêtres et des Formes circulaires, l'exposition du Centre Pompidou souligne le rôle historique de cet artiste français au sein de l'avant-garde internationale, à la veille du premier conflit mondial.

Centre Georges Pompidou (entrée rue Saint-Merri, tél. 00331/ 44 78 12 33).

Ts les jours 10-22h. Jusqu'au 16 août.

Anvers

Antoon van Dyck

1599-1541

L'exposition s'ouvre sur un petit autoportrait touchant, qu'Antoon Van Dyck a peint à l'âge de 15 ans. Son talent s'y remarque d'emblée, salué par Rubens, qui le considéra comme son meilleur élève. Une quinzaine de salles et une centaine de tableaux, souvent de grandes dimensions, retracent sa carrière, interrompue par sa mort à 42 ans.

Ce qui ne l'a pas empêché d'accomplir une œuvre d'une ampleur considérable, consacrée pour l'essentiel aux portraits de la grande bourgeoisie flamande, puis génoise et enfin de la noblesse d'Angleterre, où Charles Ier l'avait appelé et ennoblit. L'hommage d'Anvers, à l'occasion du quatrième centenaire de la naissance de Sir Anthony, se complète par d'autres manifestations. Celles-ci attirent l'attention sur des aspects moins connus, comme ses gravures (Musée Plantin-Moretus) et ses aquarelles de paysages (Rubenshuis).

La rétrospective sera ensuite visible à la Royal Academy de Londres, du 11 septembre au 3 décembre.

Musée royal des beaux-arts (Leopold

De Waelplaats 1-9, tél. 00323/ 238 78 09). Ts les jours 10-18h (ma et je 21h). Jusqu'au 15 août.

Lyon

Indoor

Une salle de sieste, une cuisine étrusque, un studio vidéo, un mur secret sont quelques-unes des propositions d'espace formulées par 14 artistes pour les salles du Musée d'art contemporain de Lyon. L'idée a déjà été testée en Toscane, elle le sera aussi à Gand. Elle a germé dans des têtes de jeunes curateurs et trouvé un écho auprès d'artistes comme Fabrice Hybert, Michelangelo Pistoletto ou moins connus tels Bjarne Melgaard, Alicia Framis, Johannes Kahrs, mais tous préoccupés d'entretenir des relations actives avec le public.

Musée d'art contemporain (81, Cité

internationale, quai Charles-de-Gaulle,

tél. 00334/ 72 69 17 17). Me-di 12-19h. Jusqu'au 5 septembre.

Karlsruhe

Jean Siméon Chardin

On peut s'étonner de voir Karlsruhe célébrer Chardin à l'occasion du tricentenaire de la naissance (1699-1779) d'un artiste dont la carrière s'est entièrement déroulée à Paris, et qui ne quitta pratiquement pas son quartier, entre rue de Seine et Louvre. Sauf que cette Galerie d'Etat allemande possède quatre de ses natures mortes, tôt léguées par Caroline Louise de Bade.

L'exposition présente également son autre grande spécialité: les scènes de genre, à la manière des Hollandais. Des tableaux d'atmosphère – «on se sert des couleurs mais on peint avec le sentiment», selon les mots mêmes de Chardin – qui font l'éloge tranquille du calme et de l'harmonie des foyers bourgeois, sous Louis XV. Des scènes où le peintre a réservé une place privilégiée au monde de l'enfance.

L'œuvre est replacée dans son temps, encadrée par un ensemble de peintures néerlandaises et françaises des XVIIe et XVIIIe siècles. La France honorera son tendre et audacieux poète de la vie silencieuse, le «grand magicien» cher à Diderot, dès le 10 septembre aux Galeries nationales du Grand Palais, à Paris. L'hommage parisien sera ensuite présenté à Düsseldorf, Londres puis à New York.

Staatlische Kunsthalle (Hans-Thoma-Strasse 2, tél. 0049 721/ 926 33 68).

Ma-ve 10-18h, sa et di 10-19h.

Jusqu'au 22 août.

Londres

Rembrandt par lui-même

Depuis ses débuts à Leyde, à la fin des années 1620, jusqu'à sa mort à 63 ans à Amsterdam en 1669, Rembrandt s'est peint de manière répétée. Et davantage que chez tout autre artiste, cette pratique lui a permis de tester et d'affiner sa vision esthétique. L'accrochage de la National Gallery réunit plus de 60 des 80 autoportraits connus, peintures, dessins, gravures, prêtés par les plus grandes institutions américaines, néerlandaises, britanniques et espagnoles. Des comparaisons qui ont abouti d'ailleurs à de nouvelles réattributions. Une fascinante confrontation, qui ne raconte pas tant la vie de Rembrandt que les différents rôles et mises en lumière que l'être humain se joue au long de sa vie. Où l'on constate que la vieillesse, par-delà l'expérience, renoue avec la spontanéité de la jeunesse.

Dès le 25 septembre, cette exposition sera à La Haye, à la Mauritshuis, institution coorganisatrice.

The National Gallery (Sainsbury Wing, Trafalgar Square, tél. 0044 171/ 747 28 85). Ts les jours 10-18h (me-sa 10-22h). Jusqu'au 5 septembre.

Grenoble

Un siècle d'art à Berlin

A l'heure où Berlin retrouve sa place de grande capitale, cette exposition rappelle le rôle que cette ville a joué dans l'épanouissement de la créativité, des années 20 à maintenant. Une tâche dont s'est chargée la Berlinische Galerie, fondée en 1975. Et qui, dix ans après, disposait déjà de plus de 1000 tableaux, 4000 aquarelles, dessins et estampes, 600 sculptures et objets, dons d'artistes ou de leurs familles et de galeries.

L'exposition de Grenoble, d'abord présentée à Bonn, réunit plus de 500 œuvres et souligne le caractère pluridisciplinaire de cette collection constituée autour de quatre axes: beaux-arts, photographie, architecture et archives d'artistes. Un parcours chronologique s'attache à faire revivre les grandes figures de l'expressionnisme, les activités débordantes du groupe dadaïste, l'apport des constructivistes russes. Il retrace ensuite, au sortir de la guerre, les recherches des sculpteurs abstraits, l'influence des artistes américains puis l'émergence du nouvel expressionnisme et des nouveaux fauves. Enfin, une section architecture atteste de l'immense chantier qu'est Berlin aujourd'hui.

Musée d'art (place de Lavalette 5, tél. 00334/ 76 63 44 44). Ts les jours (horaire d'été: juillet, août, septembre) 10-18h

(me 21h). Jusqu'au 1er novembre.

Bilbao

Richard Serra

Le sculpteur américain est le champion des immenses tôles incurvées. Et comme la grande salle du Guggenheim de Bilbao, aussi longue qu'un terrain de foot, accueille huit de ses Torqued Ellipses, autant dire que la sensation est forte. Elles viennent s'ajouter à Snake, déjà en place et conçu spécifiquement pour le lieu. Un ensemble de dédales qui ramène le visiteur à la dimension d'un rat dans un labyrinthe de laboratoire et le fait tanguer comme l'ensemble du bâtiment construit par l'architecte Frank Gehry.

Musée Guggenheim (Abandoibarra Etorbidea 2, tél. 0034/ 94 435 90 80).

Ts les jours (sauf ma) 11-18h.

Jusqu'au 17 octobre.

Martigny

Pierre Bonnard

Peintre des nudités paisibles et des intérieurs à la pénombre ensoleillée, Pierre Bonnard (1867-1947) est un véritable poète de la douceur de vivre et des bonheurs fugaces. C'est en plus un coloriste enchanteur et un architecte d'espaces improbables. Dont les 120 œuvres rassemblées à Martigny, huiles, gouaches, aquarelles, gravures et quelques-unes de ses rares sculptures, illuminent et font chavirer l'espace clos de la Fondation Gianadda. A noter qu'un accrochage d'œuvres de Pierre Bonnard est également au programme de la Kunsthalle de Brême, du 27 juillet au 3 octobre.

Fondation Gianadda (rue du Forum 5, tél. 027/ 722 39 78). Ts les jours 9-19h. Jusqu'au 14 novembre.

Montbéliard

L'expressionnisme allemand

S'il est déjà présent chez Van Gogh ou même Goya, l'expressionnisme va surtout prendre son essor et de l'ampleur avec les artistes allemands. Ce sera leur manière de témoigner d'un mal de vivre généralisé. Autant d'angoisses, de crises sociales, psychologiques et économiques, lisibles dans les 140 œuvres présentées à Montbéliard. Des gravures, bois surtout, lithographies, eaux-fortes et aquatintes, moyens de prédilection pour traduire les délires d'une époque, 1905-1925, qui enfanta deux guerres mondiales.

Une traversée qui se suit à travers l'explication des mouvements qui l'animèrent, Brücke (Kirchner, Heckel, Schmidt-Rottluff, Nolde) puis Der Blaue Reiter (Kandinsky, Klee, Franz Marc, Jawlensky) jusqu'à la Neue Sachlichkeit (Grosz, Otto Dix, Max Beckmann).

Musée du château des ducs

de Wurtemberg (tél. rens. 00333/ 81 94 45 60). Ts les jours (sauf ma) 10-12h et 13h30-18h30. Jusqu'au 6 septembre.

Vienne

Raphaël et le style

classique à Rome

Forte de 300 objets, l'exposition de l'Albertina (temporairement à l'Akademiehof) s'attache à l'art de Raphaël (1483-1520) de la dernière période. Celle, plus précisément, comprise entre 1515 et le sac de Rome de 1527 et qui concerne donc sa postérité, ses élèves et continuateurs.

A côté des dessins et gravures en possession de l'Albertina – dont de nouvelles découvertes et réattributions – sont montrés des panneaux peints, des fresques et des cartons de tapisseries. L'exposé s'attarde sur les sommets atteints avec les tentures pour la chapelle Sixtine puis insiste sur les relais pris par son atelier (Giulio Romano, Francesco Penni, Giovanni da Udine, Marcantonio Raimondi). Un atelier qui enregistre l'arrivée de nouveaux collaborateurs graveurs – importants pour la diffusion des canons raphaélites – et qui, à la mort du maître à 37 ans (en 1520), assumera l'achèvement de nombreux projets et la pérennité d'un style alliant l'intensité à la grâce.

A Londres, la Galerie de la reine à Buckingham Palace présente également (jusqu'au 10 octobre) un ensemble de dessin de Raphaël et de son cercle.

Albertina im Akademiehof (Makartgasse 3, tél. 00431/ 581 30 60/21).

Ma-di 10-17h. Jusqu'au 5 septembre.

Amsterdam

La nature morte en Hollande 1550-1720

L'art de la nature morte est le thème par excellence de la démonstration virtuose. Il faut faire plus vrai que nature, rendre la transparence d'un grain de raisin, la nuance d'éclat entre l'étain et l'argent, et suggérer jusqu'à la saveur d'une tranche de jambon. Les peintres hollandais y excellèrent et leurs tableaux peints sur toile, sur bois et sur cuivre trouvèrent des acquéreurs enthousiastes.

Aucune exposition n'avait réuni jusqu'à ce jour toutes les formes de natures mortes: bouquets multicolores, fruits juteux, étals de maraîchers, tableaux de chasse, étalages d'apparat et stupéfiants trompe-l'œil. Mais le Rijksmuseum a obtenu, des plus grandes collections privées et publiques internationales, de faire venir à Amsterdam près de 70 compositions, réalisées en Hollande entre 1550 et 1720.

Rijksmuseum (Aile sud, entrée Hobbemastraat 19, tél. 0031 20/ 6747 047). Ts les jours 10-19h. Jusqu'au 19 septembre.

Valence

Hubert Robert

et Saint-Pétersbourg

Surnommé «Robert des Ruines», pour sa passion des architectu-

res antiques et des vestiges du passé, le Parisien Hubert Ro-

bert (1733-1808) est un des

plus célèbres peintres du XVIIIe siècle, à l'égal de Greu-ze, Fragonard ou Horace Vernet. Au point qu'il était de bon ton, à Paris, de faire peindre son salon par Robert. Une mode qui gagne la Russie, alors véritable colonie artistique de la France, ce dont témoigne la cinquantaine de peintures acquises à Hubert Robert par la famille impériale et des princes russes, et maintenant conservées dans les plus importants musées, comme l'Ermitage ou le Pouchkine.

C'est d'ailleurs la première fois que la plupart de ces œuvres quittent la Russie depuis leur achat à l'artiste. Un bon coup du Musée de Valence, dont les propres Hubert Robert forment avec ceux du Louvre et de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, la collection la plus importante d'œuvres de cet artiste conservée dans un musée.

Musée des beaux-arts (place des Ormeaux 4, tél. 00334/ 75 79 20 80).

Ma-di 10-12h et 14-19h (je 22h,

jusqu'au 7 août). Jusqu'au 3 octobre.

Montpellier

Abstractions américaines

Les œuvres ne sont qu'au nombre d'une quarantaine, mais elles synthétisent les mouvements américains qui, au sortir de la guerre, entre 1945 et 1960, se succédèrent ou s'opposèrent, bouleversant complètement le champ de l'art occidental. Ainsi le visiteur va-t-il de l'Abstract Expressionism (expressionnisme abstrait) au Pop'art, en passant par l'Action Painting (peinture gestuelle), le Colorfield (champs colorés imprégnés), le Hard Edge (peinture de la limite nette), les Shaped Canvas (tableaux découpés) et le Minimal Art. Hantées par les noms d'Adolph Gottlieb, d'Arshile Gorky, de Sam Francis, Jackson Pollock, Ellsworth Kelly, Morris Louis, Al Held, Robert Motherwell, Kenneth Noland, ce sont des notions utiles pour comprendre sur quelle base s'est construit l'art de ces trente dernières années.

Pavillon du Musée Fabre (esplanade Charles-de-Gaulle, tél. 00334/ 67 66 13 46). Ma-di 10-19h. Jusqu'au 3 octobre.

Et comme on n'est jamais prophète en son pays…

Grande rétrospective consacrée à Ferdinand Hodler à la Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung, à Munich (jusqu'au 10 octobre).

De la sculpture à la porcelaine, évocation du bestiaire d'Edouard M. Sandoz au Musée national

de porcelaine Adrien Dubouché, à Limoges (jusqu'au 10 octobre). n