«Si on partage des histoires ou si on chante des comptines avec des bébés dès leur naissance et même avant, on développe chez eux une connaissance fine de la «langue du récit». C’est une langue qui se distingue du parler quotidien avec ses phrases plus élaborées, ses temps particuliers comme le passé simple ou son vocabulaire élargi. Des études montrent que ces bébés apprendront à lire plus facilement une fois enfant, et, dès lors, verront leur vie professionnelle et sociale facilitée.»

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Voix claire et débit assuré, Nathalie Athlan connaît son sujet. Fondatrice de l’association Lirenjeu, cette conteuse et professionnelle de l’enfance a développé la «lecture individualisée en groupe» qui fait merveille dans les crèches et les bibliothèques. Dès ce dimanche, en tandem avec Marie-Lorraine Kerr, ex-chargée de mécénat et comédienne, Nathalie Athlan partage ce savoir dans Tintamarre et Gazouillis: une capsule sonore ludique et pédagogique à découvrir sur le site de l’association tous les derniers dimanches du mois.

Une histoire, un enfant 

La «lecture individualisée en groupe»? De quoi s’agit-il? « C’est très simple, commence Nathalie Athlan. Dans mon premier métier d’éducatrice en crèche, j’ai remarqué que certains petits vivaient mal la lecture collective où on leur demande de s’asseoir et d’écouter. Ils s’ennuyaient, s’agitaient et finissaient par assimiler le livre à un instrument contraignant. Dans la «lecture individualisée en groupe», inspirée des travaux de l’association française Actions culturelles contre les exclusions et les ségrégations (ACCES), on adresse la lecture à un seul enfant, tandis que les autres jouent, dessinent, rêvent, écoutent de loin, etc.

C’est l’enfant qui choisit le livre – même des bébés de 6 mois ont des coups de cœur pour des ouvrages précis!–, c’est avec lui qu’on lit l’histoire, et c’est lui, s’il le souhaite, qui tourne les pages et commente. Puis, on poursuit avec un autre enfant, et ainsi de suite, au gré des demandes. Chaque enfant patiente parce qu’il sait que son tour va arriver.»

Pareil à la maison

Cette démarche n’est pas réservée aux seules institutions. Les parents qui ont plusieurs enfants peuvent aussi la mettre en place à la maison. L’avantage? «Réaliser le triangle magique «enfant-adulte-livre» qui permet un bon déploiement de l’imaginaire et un bon développement affectif, social et cognitif», répond Marie-Lorraine Kerr.

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Comme le présentiel est actuellement entre parenthèses, ces deux créatrices littéraires ont concocté une capsule sonore de vingt minutes pour partager leur passion. Chaque dernier dimanche du mois, Lirenjeu mettra en ligne, à 10h, Tintamarre et Gazouillis, un podcast que «les parents pourront télécharger et suivre à plusieurs moments de la journée».

Un quiz, un jeu, du babil d'enfant

Quel est le sommaire de cette émission radio réalisée avec la Bibliothèque de Carouge et la Bulle d’Air, une école de musique genevoise pas comme les autres? Une Grande question pour commencer, à laquelle répondent enfants et spécialistes. Puis un jeu qui consiste à écouter une comptine composée pour l’occasion et à trouver le titre d’un livre grâce à des indices. Les heureux gagnants recevront l’ouvrage à la maison. Ensuite, Mille et un babils, un podcast spontané et poétique d’un parent qui fait découvrir les pépiements de ses enfants. Et enfin, Doudou dimanche, des propositions de jeux farfelus «où on s’amuse follement sans rien de matériel». Parfait pour lutter contre la déprime du confinement!

«On a préféré l'audio à la vidéo pour ne pas brider l’imagination, précise le duo. Même si c’est du numérique, donc du lointain, ce podcast est d'abord pensé pour créer du lien.»