Deux «monstres sacrés» prodigieusement juvéniles malgré leur carrière avancée. Martha Argerich (en première partie de concert) et Herbert Blomstedt ont été très applaudis, vendredi et samedi soir, au KKL de Lucerne. Port du masque obligatoire, jauge réduite à près de 960 places, 35 musiciens sur scène, concerts sans entracte: les mesures sanitaires ont été appliquées à la lettre.

Energie tellurique

On pouvait craindre une atmosphère clinique dans la salle du KKL. Mais pas du tout. Très attentif, toussant peu par rapport à la normale, le public a vibré au «Premier Concerto» de Beethoven joué deux soirs consécutifs (nous y étions samedi). Fidèle à elle-même, la grande Martha Argerich a infusé son énergie tellurique à cette œuvre de la première maturité de Beethoven. Mais on y a aussi trouvé beaucoup de poésie, et c’est dans ce registre que, parvenue au seuil de ses 80 ans, elle excelle.