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La vraie qualité «Maurice Béjart. L'univers d'un chorégraphe» est de faire pièce à trois clichés au moins qui collent à la peau du chorégraphe.
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Livres

Béjart au-delà des clichés

Jean Pierre Pastori consacre au chorégraphe un petit livre tonifiant

Maurice Béjart, héros d’un nouveau livre. Encore un? Oui, mais celui-ci est signé Jean Pierre Pastori, mémoire presque infaillible de la danse en Suisse, critique naguère à 24 heures, président aujourd’hui de la fondation du BBL. Son Maurice Béjart. L’univers d’un chorégraphe a le mérite d’être à la fois synthétique et éclairant, pédagogique selon le principe de la collection – Le Savoir suisse. Mais sa vraie qualité est de faire pièce à trois clichés au moins qui collent à la peau du chorégraphe.

Imperméable aux avant-gardes

Il est convenu que Maurice Béjart a nettoyé la danse classique de ses afféteries, qu’il a exalté la virilité du danseur. C’est vrai. Mais il aurait été imperméable aux avant-gardes. C’est faux. Jean Pierre Pastori rappelle sa longue collaboration avec Pierre Henry, inaugurée en 1955 avec La Symphonie pour un homme seul. Moins connue est sa période d’expérimentation. Le pas de deux qu’il imagine en 1955 avec un robot – C.Y.S.P. L’esprit de jeu qui préside à Variations pour une porte et un soupir en 1965. Les danseurs tiraient au sort la partie sur laquelle ils devaient improviser. Et les spectateurs poussaient souvent des soupirs excédés.

Esquive de la confidence personnelle

Maurice Béjart s’est spécialisé dans les fresques, La Route de la soie, Le Tour du monde en 80 minutes, son ultime opus en 2007. Il dialogue avec ses idoles, André Malraux, Nijinski, Barbara, etc. Mais cet esprit romanesque éviterait la confidence personnelle, sur scène tout au moins. C’est faux. Maurice Béjart pratique une forme d’autofiction quand il monte Igor et moi en 1994, suivi de Charles et Richard en 1995. On le découvre assis derrière une écritoire, penché sur son histoire…

Un danseur-né

Maurice Béjart aurait été un danseur-né. Ses airs de mousse à la Jean Genet, athlétique et félin, lui auraient ouvert toutes les portes. C’est faux. Le fils du philosophe Gaston Berger n’a rien d’un enfant prodige. La redoutable Madame Rousanne, l’un de ses premiers professeurs à Paris, l’asticote ainsi: «Boris (elle veut dire «Maurice»), Boris, tu fais barre blinis et toi pas caviar!» C’est le genre de réplique qui fait de vous un héros de roman.


Maurice Béjart. L’univers d’un chorégraphe, Presses polytechniques et universitaires romandes, coll. Le Savoir suisse, 140 p.

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