Serait-ce le crépuscule? La maison Béjart est secouée comme jamais depuis le décès du chorégraphe à l’automne 2007. Une remontée d’amertume, des blessures de nouveau purulentes, des exclusions fracassantes. Le 28 mai, le Conseil de fondation du Béjart Ballet Lausanne (BBL), présidé par Solange Peters, professeure de médecine au CHUV, annonçait avoir licencié Michel Gascard, directeur historique de l’Ecole-atelier Rudra Béjart, et son épouse, Valérie Lacaze. Opération tabula rasa, donc: dans cet esprit, les activités de l’école sont suspendues pour un an au moins, le temps de concevoir un nouveau projet pédagogique.

Un drame, pensait-on. Un prologue en vérité. Une semaine plus tard, la même instance informait qu’un audit serait diligenté sur l’ensemble des activités du BBL. Dans une interview accordée au quotidien 24 heures, Solange Peters expliquait que Gil Roman, directeur artistique de la compagnie, accueillait «très positivement cette décision». Il n’avait pas prévu que cette annonce libérerait un chœur de l’ombre: tout le week-end, une trentaine d’ex-employés du BBL se manifestent auprès d’Anne Papilloud, secrétaire du Syndicat suisse romand du spectacle (SSRS). Ils dénoncent les insultes en public du disciple de Maurice Béjart et la prise de substances qui altéreraient son humeur. Un cahier de doléances à manier avec précaution à ce stade, certes, mais qui révèle l’ampleur du mal.