«Je suis le comte Dracula, je suis le roi des vampires, je suis immortel.» Ce sont les derniers mots qu’aurait prononcés l’acteur Béla Lugosi avant de mourir, le 16 juin 1956, lui que le cinéma immortalisa sous les traits du comte Dracula dans le film de Tod Browning, en 1931. Comment peut-on se transformer en vampire, se demande avec malice l’italien Edgardo Franzosini dans ce bref essai kaléidoscopique, écrit comme une fable à l’italienne, truffé d’anecdotes? Franzosini, un ancien employé de banque, excelle dans les portraits d’excentriques (Rimbaud ou l’artiste Raymond Isidore, dit Picassiette) et sait montrer ce qu’ils révèlent de la société qui les entoure.

Nous assistons aux premiers pas au théâtre du Hongrois Béla Blasko, né en 1882 à Lugos, dans des rôles shakespeariens. Puis comme figurant au cinéma, une invention qu’on prétendait à l’époque «sans avenir». S’il tourne pour Murnau en 1920, ce n’est pas dans Nosferatu, première adaptation de Dracula au cinéma, mais dans une relecture de Docteur Jekyll et Mister Hyde. L’épouvante et le fantastique, déjà.