Enfants

Belles feuilles d’automne

Encore et toujours imaginer de nouvelles – et géniales! – histoires d’ours à raconter aux enfants…

Histoires d’ours

C’est un ouvrage à la couverture jaune et aux pages d’un vert hésitant entre eau et menthe, où mots et dessins sont aussi délicieux que parcimonieux. Le lecteur y découvre six brefs récits, autant d’aventures de l’ours Björn, autant de réussites.

Delphine Perret commence par planter le décor: une caverne douillette, des amis précieux, un quotidien heureux et tranquille au cœur de la forêt. Sur tant d’harmonie surgit un élément, ou un événement, qui donne son titre au chapitre et un ressors dramatique à la narration: «Le canapé»; «Carnaval»; «Le cadeau»; «Lunettes».

Mais aussi «Rien», lorsque la journée s’écoule, douce, sans incident particulier (et l’auteure-illustratrice saisit chaque petit prodige qu’est chacun de ces non-événements), et enfin «C’est l’heure», dernière section qui voit Björn se demander s’il n’est pas bientôt temps d’hiberner; alors il observe le ciel, hume l’air, tâte son bourrelet, sollicite l’avis de ses compagnons: oui, c’est bien ça, il est prêt et «C’est l’heure».

On oscille entre poésie et tendresse, loufoquerie et philosophie, sur fond d’amitiés sylvestres. Et tout cela reste léger et fragile, merveilleux de simplicité et d’expressivité.


Delphine Perret, «Björn – Six histoires d’ours», Les fourmis rouges, Dès 5 ans et pour tous.


Texte Volubile

Derrière la brume, un récit illustré, offre une même poésie, une même virtuosité dans le trait, et un registre proche. Mais ici le texte (de Ramona Bádescu) est volubile, les images (d’Amélie Jackowski) occupent généreusement la page, la colorent de teintes fumées, texturées.

Tout commence par une catastrophe: la fourmi ne s’est pas réveillée à l’heure, elle est seule dans son lit alors que les autres sont au travail. Dans sa course effrénée pour rejoindre sa colonie, en pleine brume matinale, elle heurte… un ours.

Grognon et bien embêté, le plantigrade va cependant prendre soin d’elle, la ramener chez lui.

C’est le début d’un apprentissage réciproque: de ce qu’est l’autre, de la vie qu’il mène, de ses craintes et de ses courages.

Le beau papier offre sa douceur à des dessins un peu vaporeux, se jouant malicieusement des dimensions, inventant des décors et des attitudes gracieux; et les textes qu’il accueille sont vifs, malicieux, plein de trouvailles poétiques, de décalages féconds.

Un bonheur de lecture, et cette impression de délicate humanité…


Ramona Bádescu, «Derrière la brume», illustr. Amélie Jackowski, Albin Michel jeunesse/Trapèze. Dès 6 ans et pour tous.

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