Vite, un petit clic. Dévoilée mercredi, la septième édition du festival genevois Antigel – du 27 janvier au 19 février – s’annonce flambeuse. Nos conseils au sprint? Fêter le retour de Patti Smith, le samedi 11 février à l’Alhambra. Réserver, au même endroit, un fauteuil pour Lambchop, ces bardes d’Amérique qui viennent de virer électro. Se laisser transpercer par les lames magnétiques du groupe berlinois Moderat, le 16 février à la Salle du Lignon. S’offrir des hallucinations en série les 28 et 29 janvier au Bâtiment des forces motrices grâce à la chorégraphe française Maguy Marin et à son sidéral Umwelt – accueilli ici même en 2007. S’exposer à la fureur de vivre de l’écrivaine et cinéaste Virginie Despentes disant Le Requiem des innocents de Louis Calaferte, accompagnée par les ombres rock du groupe Zëro, le 27 janvier à la Salle de la Madeleine.

S’il ne fallait en voir que cinq, ce serait peut-être ceux-là. Mais l’affiche ne se résume pas à des totems, se flattaient mercredi les codirecteurs Eric Linder et Thuy-San Dinh, la programmatrice danse Prisca Harsch. Dans la bouche du premier, Antigel, c’est d’abord le goût des géographies risquées, des territoires genevois méconnus. Faut-il une démonstration de cette doctrine? La tour dite CFF, où on se presse mercredi à l’invitation des organisateurs, la fournit. Ce bâtiment condamné à la destruction survit, guetté par des grues charognardes, moqué par un parking mammouth de l’autre côté de la route et par le stade de Genève à 500 mètres. C’est Pont Rouge, du côté de la Praille, et il ne viendrait à personne l’idée de fixer un rendez-vous galant à cet endroit.

Une champignonnière infernale

Sauf qu’à Antigel, on n’est pas comme ça. Ce building fantôme accueillera, dès le 27 janvier et jusqu’au 19 février, les papillons de nuit. Le nid sera ouateux, techno-rêveur, secoué selon l’heure comme le skaker d’un barman échappé d’une série B. On s’y rassasiera après l’expédition vespérale. C’est qu’il faut être un peu athlète pour affronter Antigel. Eric Linder, coureur ailé naguère, aime rappeler qu’il visite pendant l’année des centaines de lieux sur tout le canton, qu’il les photographie et qu’il imagine à partir de ces clichés des escapades hallucinées. Cette année, on a hâte de s’engouffrer dans le giron du Bois de La Bâtie, labyrinthe voûté devenu champignonnière: on s’y frottera à Very Bad Trip 1, dégringolade infernale scénarisée par l’auteur Fabrice Melquiot. L’épisode 2 est prévu pour cet été.

Course populaire dans les parcs

«Made in Antigel». C’est ainsi qu’Eric Linder dénomme ces virées. Les monstres en sont les invités vedettes. Samedi 4 février par exemple, les cornus, les poilus, les turlututus, bref les adeptes du postiche, ont rendez-vous dans la cour de l’école de Meyrin pour la Monstrueuse parade. Il y aura de la trompette dans l’air. En avant-goût, le 21 janvier, vous chausserez peut-être comme le sussigné vos Reebok ou vos Asics. Sur le rivage, adultes et enfants sont invités à courir, chacun selon sa faim. C’est l’Antigel Run avec en option la course de Lumière, cinq kilomètres dans la nuit pour jouer les éphémères dans les parcs de La Grange et des Eaux-Vives. Antigel est un sport complet.


Antigel, du 27 janvier au 19 février; rens. https://antigel.ch/site/fr/programme