Scènes

Le Belluard frappe sa monnaie et interroge la valeur de l’art

Le festival fribourgeois qui débute jeudi a émis et offert aux habitants de Fribourg des belluards pour frapper les esprits. Smart

L’art doit-il être utile à la société? Ou l’art est-il précieux, précisément, parce qu’il échappe à toute idée de rendement ou de retour sur investissement? Après avoir interrogé la solitude, choisie ou subie, l’an dernier, le Festival Belluard Bollwerk International, qui débute jeudi prochain pour dix jours, se penche sur l’impact que l’art doit avoir.

Et comme le rendez-vous fribourgeois ne fait jamais rien à moitié, il a remplacé sa campagne de communication par une «campagne de corruption» en offrant 4000 francs aux habitants de Fribourg à travers les belluards, monnaie ultra-locale émise pour l’occasion. Un colloque et des spectacles qui questionnent ce tiraillement entre art et société poursuivront la réflexion. Le Belluard, c’est aussi une porte ouverte sur le monde et ses blessures. Lors de cette 36e édition, on entendra la parole des habitants d’Alep, ville meurtrie, et on verra la danse des serpents pratiquées par les chégués, ces enfants des rues de Kinshasa. Anja Dirks, directrice de l’événement qui signe sa dernière édition avant de devenir directrice adjointe du Theater Basel, évoque ce programme remuant.