On se souvient du «disrupteur» dans Les Rois des étoiles (1949), d’Edmond Hamilton. Composée de douze cônes à monter en cercle sur la proue d’un vaisseau spatial, cette arme absolue projetant une «lueur fantomatique» susceptible d’«anéantir l’espace lui-même!» semble frappée d’obsolescence, reléguée au rayon des gadgets, à côté du scoubidou et du hula-hoop. La réalité dépasse la science-fiction, l’art de la guerre se perfectionne grâce à la technologie informatique de pointe.

Bellum-The Daemon of War commence par une archive télévisée dans laquelle s’exprime Robert Oppenheimer, responsable du projet Manhattan dont est issue la bombe atomique: «Nous savons que les choses ne seront plus jamais les mêmes», vaticine le physicien, avant de citer ce passage de la Bhagavad-Gita dans lequel Vishnou, pour impressionner le prince, prend sa forme armée et dit «Maintenant je suis devenu la Mort, le Destructeur du monde.» Un décompte off se fait entendre, 4… 3… 2… 1… et le feu atomique envahit l’écran. Première expérience dans le désert du Nevada avec des spectateurs en lunettes noires séduits par cette démonstration de force.