Lyrique

Benjamin Bernheim, un ténor au chant admirable

Le chanteur franco-suisse a rayonné dans des mélodies et airs d’opéra, vendredi soir aux Voix d’automne d’Evian. Samedi, «Les Indes galantes» de Rameau sous la direction du fougueux Leonardo Garcia Alarcon ont déclenché une ovation

Benjamin Bernheim, c’est le ténor franco-suisse qui monte. Un timbre princier, des aigus rayonnants, un souffle qui vous caresse comme il vous embrase. Accompagné par Nicolas Chalvin et l’Orchestre des Pays de Savoie, le chanteur lyrique, 34 ans, a fait l’ouverture des Voix d’automne ce week-end à La Grange au Lac d’Evian. Samedi soir, c’était au tour du chef argentin Leonardo Garcia Alarcon et de toute l’équipe des Indes galantes de Rameau, récemment à l’Opéra de Paris, d’être acclamés à tout rompre. Standing ovation pour les chanteurs, choristes et orchestre merveilleusement soudés dans La Grange au Lac à l’acoustique lumineuse.

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Tendresse désarmante

Mais revenons à Bernheim, lequel abordait Les Nuits d’été de Berlioz dans la rare version de ténor. Certes, certaines mélodies (Au cimetière) mériteraient une voix plus grave, mais le chanteur insuffle une tendresse désarmante et une ardeur juvénile aux mélodies de Berlioz. Il ne force jamais rien; il laisse les phrases s’épanouir naturellement, la voix s’ouvrant sur des aigus pleins et ronds, tout en cultivant une diction exemplaire. La chaleur, la tendresse, la poésie en font une lecture émouvante. L’accompagnement subtil et attentif de l’orchestre met en valeur la voix soliste.

Ce mélange de tendresse et d’ardeur, on le ressent davantage encore dans les airs d’opéra en seconde partie. D’une infinie douceur, la voix se pare bientôt d’accents éperdus dans l’air de Lenski Kuda, kuda d’Eugène Onéguine. La ligne est admirablement suspendue dans Le Rêve de Des Grieux, chanté littéralement à fleur de lèvres. Ce timbre pur, clair, ponctué d’aigus étincelants, on le retrouve dans Ah! lève-toi, soleil de Roméo et Juliette. Una furtiva lagrima de Donizetti séduit par ses frissons intérieurs, et l’on chavire en écoutant Pourquoi me réveiller de Werther. Une voix d’une élégance rare.

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