cinéma

Benoît Forgeard, réalisateur d'«Yves»: «La rationalisation change nos vies»

Un frigo intelligent qui se met à la chanson, avec succès: c’est «Yves», la nouvelle farce de Benoît Forgeard, après «Gaz de France». Une parodie technologique brillante, un «Black Mirror» rigolo. Les propos, à peu près sérieux, du cinéaste

On n’a pas commencé l’interview que Benoît Forgeard fait rire en parlant d’un célèbre pétomane. Ce matin-là, au Festival international du film fantastique de Neuchâtel, il déambule dans le Théâtre du Passage avec, à la main, sa lecture du moment, une biographie de Joseph Pujol (1857-1945) dit «Le Pétomane», qui fit sensation avec son spectacle au Moulin Rouge. Le cinéaste rêve d’en faire une série TV – «mais c’est au XIXe siècle, cela coûterait cher…».

Yves, troisième film de Benoît Forgeard, a tout de la farce. Rappeur à la ramasse, Jérem (William Lebghil) accepte, en échange de courses gratuites pendant quelques semaines, de tester un frigo intelligent. Très connecté: le nouveau compagnon frigorifique va prétendre améliorer la musique du jeune homme, jusqu’à concourir à l’Eurovision – en son nom, héros de la nouvelle caste des objets qui s’affirment.