Bernard Frank. Les Rues de ma vie. Le Dilettante, 220 p.

Le chroniqueur Bernard Frank n'a pas seulement fait les belles heures du Monde et du Nouvel Observateur, il a aussi cédé aux sollicitations du rédacteur en chef de la revue Urbanisme et architecture, en écrivant entre 1989 et 1992 des textes intitulés «Promenades». Aujourd'hui rééditées, ces humeurs vagabondes parlent surtout des déménagements de l'auteur, mais aussi – avec un art consommé de la digression à tiroirs – de femmes, de chats, de restaurants, d'éditeurs, de livres (les siens et ceux des autres), de travail et d'oisiveté, de célébrités et d'amis, parmi lesquels Françoise Sagan revient comme un raton laveur. Un index des rues et des noms répertorie du reste le beau linge qui passe dans ces pages, tantôt nostalgiques et tantôt d'une grande drôlerie. Culture et désinvolture vont de pair sous la plume de Frank, avec pour seul arbitre son bon plaisir de lecteur ou d'amateur de bon vin. Comme le suggère le titre, c'est toute une vie qui défile ici, de l'enfance indélébile dans le XVIIe, quartier à «l'ingrate beauté minérale», au pavillon de Choisy-le-Roi qui abrite, au moment où l'auteur écrit, ses deux filles Jeanne et Joséphine ainsi que ses trois chats: Médor, Pantoufle et Essuie-plume.