«J’ai connu trois défis dans ma vie. Le premier, c’était d’être Noir dans une culture dominée par les Blancs. Le deuxième, être transgenre dans une culture hétéro-normative. Et le troisième, être un artiste dans un monde industriel.» Ainsi parle Beverly Glenn-Copeland au moment d’évoquer son existence. A savoir: une course d’obstacles compliqués à franchir, un chemin qui s’est dessiné dans l’ombre, mais une notoriété limitée à un cercle d’initiés qui tend enfin à s’élargir depuis quelques mois. Une raison à cela: la réédition de son Keyboard Fantasies, album aussi miraculeux qu’aérien, enregistré dans une cabane au Canada en 1986, et seulement édité à compte d’auteur sur une centaine de cassettes. C’était déjà trop, puisqu’il en avait alors tout juste vendu une trentaine, avant qu’un collectionneur japonais ne vienne exhumer la pépite en 2015.