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Wilhelmina Fruytier, «Soleil», Biennale de 1965.
© Archives de la ville de Lausanne/Citam

Livres

Les Biennales de Lausanne, une histoire de cœur

Un ouvrage richement illustré retrace l’aventure des Biennales de la tapisserie de Lausanne, qui, de 1962 à 1995, ont mis en valeur les œuvres de plus de 600 artistes. Elles ont surtout contribué à inscrire les œuvres du Fiber Art dans le champ de l’art contemporain

Au fil de trois décennies, les Biennales de la tapisserie de Lausanne ont largement contribué à placer le Fiber Art sous les feux de la rampe, en assimilant (dans une certaine mesure) ses réalisations, et ses créateurs, à l’art contemporain. Depuis l’abandon de la manifestation, après une dernière édition, en 1995, aux allures de «chant du cygne textile», le soufflé est un peu retombé, même si les œuvres «soft» sont désormais mieux intégrées, plus naturellement, à la scène internationale.

Choix des artistes et identité des participants

L’ouvrage de Giselle Eberhard Cotton et Magali Junet, respectivement directrice et conservatrice adjointe de la Fondation Toms Pauli, retrace très finement cette aventure qui a eu Lausanne pour centre et le monde entier pour espace de rayonnement – plus de 600 artistes de 46 pays ont participé aux éditions successives.

Les auteures font le tour du sujet, rappelant le rôle déterminant des fondateurs du Centre international de la tapisserie ancienne et moderne (Citam) et tout particulièrement de Pierre Pauli et Jean Lurçat. Elles s’intéressent à l’organisation de la biennale, par exemple au choix des artistes, confié dès 1967 à un jury international et délégué, lors de la seizième et dernière exposition, à des commissaires extérieurs. Il est fait allusion à l’identité et à la provenance des participants, au départ une majorité de peintres-cartonniers et de lissiers (hommes), puis, assez vite, des femmes artistes au talent novateur, les pays les mieux représentés étant la France, la Suisse, la Pologne et les autres pays d’Europe de l’Est, puis les Etats-Unis et le Japon.

Quand la tapisserie se détache du mur et investit l’espace

Ce qui se dessine surtout, au fil de la lecture et grâce à des illustrations bien choisies – autant des vues des salles lors des accrochages ou des vernissages, toujours très courus, que des reproductions de pièces marquantes –, c’est la manière dont la tapisserie, d’abord indissociable de l’architecture, qu’elle sert à étoffer, se détache du mur, investit l’espace et se mue en architecture à elle seule.

Le public est ainsi invité à évoluer autour et même dans des environnements réalisés à l’aide de fils de tout genre, et de matériaux de plus en plus divers et parfois insolites. A la laine des tapisseries de basse et de haute lisse succèdent la corde, le jute, les vêtements, le crin, le poil de chèvre, le fil de fer, le papier, le bambou ou le plexiglas, dans un processus de diversification et un élargissement de la définition.

Au point que certains ne s’y reconnaissent pas: dans l’histoire des biennales, les polémiques n’ont pas manqué, qu’on peut résumer à une querelle des anciens et des modernes. Mais toujours le public a suivi, fasciné par ces œuvres qu’on a envie de toucher et qui font rêver, et par l’inventivité des plasticiens, dont les plus connus sont Elsi Giauque, Magdalena Abakanowicz (son Abakan rouge fit sensation en 1969), Jagoda Buic, Sheila Hick, Lenore Tawney, Susan Watson (Cloudlight, 1979), Shihoko Fukumoto (Sign of Wind, 1987). Toujours un peu en marge des tendances de l’art contemporain, le Fiber Art n’a pas dit son dernier mot et fait aujourd’hui l’objet de manifestations régulières, en Chine notamment.


De la tapisserie au Fiber Art. Les Biennales de Lausanne 1962-1995, de Giselle Eberhard Cotton et Magali Junet. Skira/Fondation Toms Pauli, 220 p.

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