Littérature

Bientôt des écrivains dans la canopée

Trois questions à Vera Michalski, à l’origine d’une Maison de l’écriture dont la première pierre est posée ce jeudi à Montricher au pied du Jura vaudois

Vue sur le lac, lointain mais splendide, cabanes suspendues, les écrivains se préparent de beaux jours à Montricher, au pied du Jura vaudois. La commune a vécu jeudi la pose de la première pierre d’une Maison de l’écriture dessinée par Vincent Mangeat. Cette Maison est le prolongement de la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature.

A l’origine de ce projet, une femme, l’éditrice Vera Michalski Hoffmann, qui se dit très «excitée» par l’aventure. Elle fut, avec son mari Jan Michalski, la fondatrice, à Montricher déjà, des Editions Noir sur Blanc. Depuis la disparition de son époux en 2002, elle s’efforce de faire vivre leur curiosité et leur passion communes pour la littérature à travers la Fondation Jan Michalski et désormais dans cette Maison de l’écriture dont s’ouvre le chantier.

Le Temps: Quelles seront les ­missions de cette Maison de ­l’écriture?

Vera Michalski: Voilà un certain temps que la Fondation existe et l’idée de cette Maison s’est affinée au fil des années. Le lieu où elle sera bâtie est une ancienne colonie de vacances qui sera détruite pour laisser place à ce nouveau projet. Cette Maison proposera des résidences à des écrivains, cinq pourront y vivre en même temps; elle sera un lieu de réunion et de rencontres. Il y aura une bibliothèque et un auditorium où l’on pourra donner des spectacles, des concerts, faire des projections. Il y aura, enfin, un espace d’exposition modulable. Les œuvres devront avoir un lien avec l’écriture au sens large. Je pense par exemple à la calligraphie.

– Vous allez développer les actions lancées par la Fondation Jan Michalski?

– En effet, c’est un second pilier, d’autres activités vont s’exercer hors des murs. La Fondation va continuer à accorder des subsides pour des projets d’écriture, de recherche ou d’aide à la publication. On pourra intervenir, par exemple, pour aider à la publication d’œuvres complètes. Et enfin, c’est un troisième pilier, nous allons créer un Prix littéraire international, doté de 50 000 francs, ouvert à tous les genres (sauf la poésie) et à toutes les langues, pour autant que le livre ait été publié dans son pays d’origine. Il sera indépendant de mon travail d’éditeur.

– Ce n’est pas seulement un projet littéraire, c’est aussi un projet architectural…

– Oui. Ce qui est intéressant, c’est qu’il répond à l’esprit du lieu. La vue est superbe depuis Montricher même si elle est distante. Un agent immobilier dirait qu’elle est «imprenable». Depuis leurs cabanes suspendues à une canopée artificielle, les écrivains auront une vue encore plus belle. D’autres bâtiments seront au contraire ancrés dans la terre, proches des anciens bâtiments. Le scénario idéal serait que le chantier soit achevé au printemps 2011.

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