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Le Blues Rules Festival se déroule dans les jardins du château de Crissier.
© Christophe Losberger

Musique

Bienvenue à Crississippi

Le château de Crissier accueille le week-end prochain la neuvième édition du Blues Rules. Un festival consacré aux musiques du Mississippi et qui contribue chaque année à révéler des musiciens jouant pour la première fois en Europe

Bienvenue à Crississippi! Pour la neuvième fois, les jardins du château de Crissier vont se transformer, les 1er et 2 juin, en temple des musiques du Mississippi. En 2010, le Blues Rules Festival accueillait aussi bien les Américains Scissormen et Wes Mackey que le rock cajun des Genevois de Mama Rosin ou le blues-punk des Producteurs de Porcs, l’autoproclamé orchestre national grolandais. Thomas Lecuyer, cofondateur de la manifestation, sourit à l’évocation de cette aventure qui n’était pas prévue pour durer. «A l’époque, je faisais partie de l’équipe de la Nuit des publivores et on habitait dans les dépendances du château. Le syndic de Crissier nous a dit que ce serait bien d’organiser un événement afin d’ouvrir ce lieu au public. Comme la Nuit des publivores était peu compatible avec le plein air, on a eu l’idée d’un festival.»

Thomas Lecuyer partage avec son ami Vincent Delsupexhe une passion pour les musiques noires américaines. L’idée leur vient alors d’organiser un rendez-vous sur le modèle des pique-niques musicaux qui ont lieu d’avril à septembre dans l’Etat du Mississippi. Le concept est simple: des fermiers mettent un champ à disposition et les musiciens du coin viennent jouer. «On avait envie d’un retour aux sources, avec une petite scène, un bar et deux stands de nourriture. On voulait un endroit où le public et les artistes se mélangent, quelque chose de différent. La première édition, c’était un peu du n’importe quoi, mais ça a pris. On avait fait venir des bluesmen américains que personne ne connaissait, et c’est ce qu’on fait encore aujourd’hui.»

Le son d’un terroir

Le blues, poursuit Thomas Lecuyer, est une musique du terroir. Les musiciens jouent par passion, la plupart ont un travail à côté. Il y a des pasteurs, des fermiers, des garagistes, des chauffeurs routiers. Ainsi de Leo «Bud» Welch, un bûcheron qui a enregistré son premier album à 83 ans. Révélé en Europe par le Blues Rules, il a ensuite joué pendant plusieurs années dans le monde entier jusqu’à sa mort en décembre dernier. «On a envie de raconter l’histoire de cette musique qui se réinvente constamment mais a des attaches très profondes. Cette année, on devait accueillir un musicien qui s’est fait incarcérer pour une histoire de cambriolage. Il nous a dit qu’il viendrait la prochaine fois et qu’entre-temps, il pourrait écrire un bon album en prison.»

Le festival offre de petits cachets, mais prend à sa charge les billets d’avion. Beaucoup de musiciens profitent de l’occasion pour tourner sur le Vieux-Continent. «Ils viennent de la classe ouvrière et n’auraient pas autrement les moyens de voyager», se réjouit Thomas Lecuyer. Cette année, le Blues Rules propose la première date hors de ses terres du guitariste de Clarksdale Anthony «Big A» Sherrod. Récemment nommé pour le Grammy Award de l’album de blues traditionnel, R. L. Boyce sera aussi de la fête, tout comme la jeune Molly Gene, de retour pour la troisième fois. A découvrir également, The Rising Stars, formation de fife and drum, musique de la fin du XIXe siècle qui a donné naissance au blues.


Blues Rules Crissier Festival, château de Crissier, les 1er et 2 juin.

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