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Le Twede's, restaurant de North Bend, Etat de Washington, nord-ouest des Etats-Unis, printemps 2015.
© NDu

Fiction TV

Bienvenue au pays de «Twin Peaks»

La série de David Lynch revient ce dimanche 21 mai aux Etats-Unis. «Le Temps» s'est promené dans les grands espaces et les petites bourgades du nord-ouest des Etats-Unis qui forment le décor de la série. Balade hantée

  • Ce dimanche 21 mai, la chaîne américaine Showtime dévoile le retour de «Twin Peaks», 25 ans après la fin de cette série qui a chamboulé le paysage de la fiction TV.
  • David Lynch et Mark Frost, les créateurs originaux, ont piloté les 18 nouveaux épisodes. Plusieurs acteurs de l’épopée originelle sont de retour, d'autres, dont Monica Belucci, se joignent à l'aventure. Dans les derniers souffles de la série de 1990, un rendez-vous «dans 25 ans» avait été évoqué.
  • Pour ce reportage initialement publié le 3 avril 2015, Le Temps s’est promené sur les terres où ont été tournées les deux premières saisons, et une grande partie de la nouvelle. Des cités coquettes du nord-ouest américain, dans l’Etat de Washington, qu’aime tant David Lynch.
  • Lire aussi cette chronique: «Twin Peaks», Cannes, Canal+, et une touche de ringardise

«Le dernier avant vous, c’était un Italien. Ils viennent de partout…» Lisa tient l’Edgewick Inn, un hôtel à environ cinq kilomètres du centre de North Bend. L’une des deux villes où a été tournée la majeure partie des plans extérieurs des deux premières saisons de Twin Peaks.

Etat de Washington, nord-ouest des Etats-Unis, près de la frontière canadienne évoquée dans la fiction. Vingt-cinq ans plus tard, la série représente toujours un filon pour la région. Lisa accueille les participants du festival annuel dédié au feuilleton. Cette année, début mars, son hôtel était déjà plein pour cette période, en août. Pourtant, Lisa n’a jamais regardé Twin Peaks: «Avec le travail, les enfants, on n’a pas le temps…»

Notre carte interactive: les lieux de la fiction.

Dans le restaurant mythique

En quittant l’Edgewick Inn, on passe devant un relais routier – les camions sont omniprésents dans la région – et on arrive à North Bend. Au Twede’s Cafe, on peut s’empiffrer d’un Twin Peaks Burger, double tranche de viande et bacon.

Une façade vante la fameuse tarte aux cerises tant évoquée par l’agent Cooper. Ce restaurant de banquettes et de chromes, fréquenté par des gens du coin et quelques visiteurs de Seattle en goguette, n’est autre que le Double R Diner, le lieu apaisant de la série où s’illustrent notamment l’agent Dale Cooper, la patronne Norma, le major Briggs ou la femme à la bûche.

Si, parmi les 50 hamburgers proposés sur la carte, on a choisi le modèle Twin Peaks, la serveuse propose d’emblée la tarte aux cerises: «Cela fait six ans que je travaille ici, j’ai l’habitude», sourit-elle. Pourtant, elle aussi n’a presque rien vu du feuilleton: «Le pilote, une fois, pendant le festival…» Elle a 22 ans, trois de moins que la série…

De fait, la région exploite peu le potentiel touristique de Twin Peaks. Alors que, dans les années 2000, Copenhague n’a pas tardé à créer ses circuits Forbrydelsen (The Killing), North Bend et Snoqualmie demeurent discrètes.

Au moment de l'édition haute définition: Le poids de «Twin Peaks»

Dans l'hôtel de la chute d'eau

Au luxueux hôtel Salish Lodge & Spa, on se montre tout aussi réservé. Il s’agit pourtant du Great Northern, l’hôtel où loge Cooper, où il manque de mourir d’une balle dans le ventre. Le décor de scènes majeures, perché à côté des chutes de Snoqualmie, image cristallisant Twin Peaks à elle seule.

Ici, le touriste sériephile, pour peu qu’il le dise, reçoit une modeste feuille de ­papier avec les lieux emblématiques. Rien de plus. Pas même une petite plaque sur l’une des splendides cheminées, qui rappellent le cadre boisé du Great Northern – notons quand même que la réalité actuelle est bien plus élégante que les murs surchargés du feuilleton.

Le passé ferroviaire, plus glorieux

Cette réserve au pays de Twin Peaks ne semble pas due à une gêne ou une honte. Plutôt une modestie, peut-être une indolence locale. Ici, comme avec ces maquettes surplombant les tables du Twede’s, on vante avec plus d’énergie le passé ferroviaire de la région, pionnière du nord-ouest des Etats-Unis. Même si le train est réduit à quelques convois de marchandises et une attraction d’été. Le train, c’est le bois, donc la forêt: les trésors locaux, avec les chutes de Snoqualmie, deuxième site touristique de l’Etat de Washington après le mont Rainier.

A parcourir ces espaces, à croiser une immense bûche de bois exposée à Snoqualmie comme une pièce de musée, on comprend combien David Lynch et Mark Frost ont puisé dans une imagerie – et un parfum, boisé – ambiants.

Né et ayant grandi en partie dans l’Etat voisin du Montana – il y a des allusions à son lieu d’origine dans le feuilleton –, David Lynch a utilisé ce pays de rues proprettes, de camions alourdis par les troncs d’arbres et de rivières mystérieuses, comme une matière à réminiscences. La région rend cette mise en valeur à sa manière. Sans vacarme, plutôt dans un bruissement, comme celui des arbres, la nuit.

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