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«Big Little Lies» saison 2, le pouvoir de la sororité

Hypocrisie, balcons vue mer et bourgeoisie californienne: la série de HBO est de retour tous les lundis sur la RTS, et n’a rien perdu de son mordant. Meryl Streep a même rejoint ces cinq femmes alliées version «Desperate Housewives»

Une ville paisible façon Twin Peaks, une alliance féministe digne des ménagères désespérées de Wisteria Lane, et un casting malin et multigénérationnel. Avec neuf Emmy Awards et quatre Golden Globes, Big Little Lies avait marqué les esprits début 2017. Ce qui aurait dû rester une mini-série et ne durer qu’une saison rassemblait déjà un parterre impressionnant d’actrices confirmées avec les géniales Nicole Kidman, Shailene Woodley, Reese Witherspoon, Laura Dern et Zoë Kravitz.

Dénoncer les violences sexistes

Elles sont de retour, toutes traumatisées à leur manière par les événements de la saison 1, dans laquelle se mêlaient violences conjugales, agressions sexuelles et meurtre d’un mari abusif. L’été est passé et c’est l’heure de la rentrée des classes pour les enfants de ces femmes bourgeoises et d’apparence parfaite. Madeline (Reese Witherspoon, qui avait brillé dans Walk the Line), l’une d’entre elles, dénonce d’ailleurs le sexisme ordinaire et le double standard appliqué aux mères, qui ne doivent pas avoir grossi ou vieilli pendant l’été.

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Ces piques savoureuses contre le patriarcat font toujours le sel de Big Little Lies dans le premier épisode, seul diffusé et visionné. Au son d’une bande originale toujours parfaite, la deuxième saison s’ouvre sur une réalisation onirique et délicate, dans l’esprit de la première. Derrière la caméra, Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club) laisse sa place à Andrea Arnold, réalisatrice de Fish Tank, qui reprend dignement le flambeau d’une mise en scène aérienne.

Tout pour Meryl Streep

L’annonce d’une deuxième saison avait laissé de nombreux spectateurs sceptiques, dubitatifs quant à l’utilité d’une suite à cette mini-série fulgurante. Imposée face à l’engouement critique et public, elle parvient tout de même à séduire grâce à ses personnages, habilement construits et déroutants de complexité. On retrouve avec plaisir ces femmes très différentes, liées par la violence masculine et un fort désir d’émancipation. Elles sont troublées dans leur quête par l’arrivée de Meryl Streep, mère du mari décédé, impressionnante d’autorité. La formidable actrice développe une ambiguïté et une personnalité détestable rarement dévoilées dans sa longue carrière. Sa palette de jeu fascinante vaut au moins un coup d’œil à cette saison déjà alléchante.


«Big Little Lies», un épisode tous les lundis soir, à 22h30, sur la RTS.

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