La Callas n'a pas mis au monde l'opéra, Charlie Parker n'a pas créé le jazz mais Django Reinhardt a ouvert l'ère manouche. Une tentative d'explication pour justifier la place du guitariste syncopé dans le monde des swingueurs gitans. Dans cet hommage énième du nom, élaboré de toutes pièces par ses orphelins pour le cinquantième anniversaire de sa mort, il y a peut-être l'espoir de se libérer d'un père encombrant.

Difficile de le dire avec Biréli Lagrène qui pratiquait «Nuages» alors qu'il n'avait pas fêté ses 10 ans, qui était couronné successeur officiel de Django dès son premier enregistrement. Chez lui, enfant prodige déjà vieilli (37 ans), le culte se tient comme à distance. Dans ses récents albums, il évite soigneusement ce qui sonne «Reinhardt», il multiplie les rencontres en dehors du cercle fanatique. Autres invités au banquet, les guitaristes Christian Escoudé et Philip Catherine qui n'appartiennent pas forcément au même degré à cette famille. Et le violoniste Didier Lockwood, lui-même adoubé par l'archet du Hot Club Stéphane Grapelli.

Hommage à Django Reinhardt, Casino Barrière. Sa 12, 21h. www.montreuxjazz.com