Birgit Vanderbeke

Devine ce que je vois

Trad. d'Anne Weber

Stock, coll. La Cosmopolite,

112 p.

Née en 1956, Birgit Vanderbeke a reçu en 1990 le Prix Ingeborg-Bachman pour son premier livre, Le Dîner de moules. Installée dans le sud de la France, elle a écrit cinq autres brefs récits, tous traduits chez Stock. Celui-ci (titre original: Ich sehe was, was du nicht siehst, 1999) n'est pas le moins séduisant dans sa déroutante ingénuité, qui peut faire penser aux variations d'éléments simples et à la langue enfantine du Monde est rond de Gertrude Stein. C'est aussi de la découverte d'un nouvel univers qu'il s'agit, avec le déménagement d'une mère et de son petit garçon quittant Berlin pour le Midi, tandis que le père voyage pour son travail d'expert en art. «Soit on part un petit peu, soit on part pour de bon, soit on reste.» La narratrice, qui écrit des émissions télévisées sur l'art pour les enfants, est partie pour de bon mais elle doit apprendre à apprivoiser une maison hostile, un climat imprévisible et des usages locaux qui reposent sur l'échange de paroles, le troc, la chasse et la cueillette. Le récit de l'apéritif offert aux Tesseire, joli morceau d'ethnologie appliquée, constitue aussi une leçon de perception du monde.