Le chef japonais Seiji Ozawa est décidément un bâtisseur d'aventures musicales. La baguette mythique du Boston Symphony Orchestra, dont il a présidé les destinées pendant presque trente ans, est à l'origine de plusieurs initiatives remarquables. Fondateur du New Japan Philharmonic Orchestra et de l'Orchestre international Saito Kinen – qui réunit chaque été au Japon les musiciens du Soleil-Levant expatriés dans des formations occidentales –, le voilà qui rebondit à Blonay (VD) à la tête d'un projet ambitieux centré sur l'initiation de jeunes talents aux arts de la musique de chambre.

Le cadre idyllique du Centre de musique Hindemith, qui accueille par ailleurs des centaines d'étudiants chaque année, sera dès l'été 2005 le site d'une nouvelle entité présentée hier à Lausanne: l'International Music Academy-Switzerland. Ici, les jeunes musiciens issus des meilleurs conservatoires européens, après avoir passé plusieurs sélections, seront appelés à former quatre quatuors à cordes et se mesureront à un répertoire essentiellement romantique. «Je suis convaincu que l'expérience du quatuor peut être une étape importante dans le parcours de tout musicien car ce type de formation constitue une forme d'orchestre en miniature, souligne Seiji Ozawa. En outre, cette approche a le mérite de faire sortir les musiciens de leur expérience solitaire avec l'instrument.» Des solistes de carrure internationale, choisis par le maestro japonais (les violonistes Robert Mann et Pamela Frank, le violoncelliste Sadao Harada et les altistes Nabuko Imai et Tabea Zimmermann) guideront les pas des quatre ensembles durant les deux semaines de cours et pendant le cycle de formation qui dure trois ans, alors que Seiji Ozawa prendra la relève pour diriger les musiciens dans un répertoire davantage orchestral.

Le volet financier, encore embryonnaire, compte sur une modeste contribution des institutions publiques, et mise beaucoup sur deux formes d'intervention privée: le parrainage visant à couvrir les frais de chaque étudiant et le mécénat. Ce projet démarre sur un capital de 50 000 francs, mais doit trouver les ressources pour boucler un budget artistique annuel que la fondation à la tête de l'académie estime à 250 000 francs.