«Aujourd'hui, l'Usine, c'est une grande entreprise, un ensemble assez lourd sur le plan économique. Pour gérer un tel dispositif, il me semble difficile de se passer d'un responsable, de quelqu'un qui réponde au moins des finances et de la programmation. J'ai un peu peur que le staff actuel de l'Usine soit resté bloqué sur le «trip squatteux», comme si le monde n'avait pas évolué depuis le début du mouvement alternatif. Compte tenu du morcellement du public, un club se doit aujourd'hui d'être ouvert à tous les styles de musique s'il entend survivre. La politique des chapelles, c'est l'étouffement assuré. Parce que les clubs sont nettement plus nombreux qu'auparavant, mais aussi parce que le niveau de vie du pays reste très élevé. Les frais de la venue d'un artiste de bon niveau dépassent souvent les moyens dont disposent les lieux alternatifs. Et puis, contrairement au public alémanique, plus festif, les Romands me semblent blasés. Ils semblent avoir perdu cette curiosité qui les poussait à aller voir n'importe quel petit groupe de passage. La demande est retombée: à croire qu'on est trop gâtés.»