Présentation: Mathis Picard, par Arnaud Robert Il est né en 1995. A Grenoble. Enfance française, américaine, écossaise, voyageuse. Mathis Picard se lance en piano à 4 ans. Le classique, puis le jazz. Il vit aujourd’hui à New York où il étudie dans l’une des plus prestigieuses écoles du monde, la Juilliard School. A 19 ans, ce prodigieux musicien, capable de déjouer les standards les plus vicieux mais aussi de la jouer techno-house dans son projet Jaona, passe une semaine sur la riviera vaudoise. A la découverte de sa musicalité, mais aussi de son métier.

Le bœuf et les artistes-entrepreneurs

«Aujourd’hui, je n’ai pas eu le temps de penser à ma fatigue. Je vis de l’adrénaline. Comment vous dire tout ça? On vit dans une maison de maître, à Villeneuve. Je partage ma chambre avec Lorenz, un pianiste allemand, celui qui a remporté le concours du Montreux Jazz Festival l’année où j’ai terminé second. Nous sommes potes. Les séminaires se succèdent toute la journée. Nous avons rencontré des managers, des producteurs, des agents. Depuis mon école à New York, j’avais le sentiment que ce monde-là était inaccessible pour moi. Mais ce sont des humains, après tout. Et ils ont besoin de musiciens pour vivre, eux aussi. A l’école, ce sur quoi on nous évalue, c’est notre capacité à jouer. C’est tout. Ici, on pense business, on pense image. Je me vois comme un artiste-entrepreneur, alors ces questions m’intéressent. Dès qu’on a une minute, on joue avec les autres participants. On a fait un bœuf avec Myriam, avec Alita, deux chanteuses. On a joué du Duke Ellington, du D’Angelo, du Mory Kanté, on touche à tout. Cela ne fait que 24 heures. Mais tout est si dense que j’ai l’impression d’être là depuis un mois.»

Retrouvez ici le précédent billet de Mathis Picard:

Jour 1: dans le lit de Claude Nobs (31.10.2014)