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Le Bolchoï expliqué par l’agence soviétique Novosti

Une institution magnifiée en 1968

« […] La journée de travail au Bolchoï commence chaque matin à 9 h 45 précises. Les artistes du ballet s’exercent à la barre dans trois grandes salles dont les murs sont entièrement revêtus de miroirs. Les leçons sont gratuites et obligatoires pour tous. Exception n’est faite que pour les principaux solistes qui, après un spectacle, peuvent venir le lendemain matin à 11 h dans la classe des femmes. Qu’il s’agisse des classes féminines et masculines, il n’y a pas de différence entre les étoiles, les solistes et le corps de ballet. Tous étudient ensemble.

Après les exercices viennent les répétitions collectives et le soir les répétitions individuelles des solistes.

Pour les artistes d’opéra, les leçons commencent à 10 h du matin. Onze accompagnateurs travaillent avec les solistes dans onze salles. La leçon qui dure une heure est mise à profit pour préparer un nouveau rôle, pour répéter des rôles déjà connus, pour se préparer au prochain spectacle. En général, les solistes d’opéra savent jouer du piano et déchiffrent leur rôle tout seuls. Mais aux leçons avec accompagnateur (également gratuites), les rôles sont approfondis définitivement.

Les leçons sont également régulières et obligatoires pour les mimes qui apprennent les danses classiques, de caractère, de bal, le maquillage et le jeu scénique.

Le comité syndical se réunit régulièrement. Des questions importantes figurent généralement à l’ordre du jour. Par exemple les logements. Périodiquement, le Soviet de Moscou met des appartements à la disposition du théâtre. Ils sont répartis à tour de rôle par le comité syndical.

Ou les questions médicales et alimentaires suivies par un médecin de la policlinique du théâtre. Il propose, par exemple, de varier plus l’assortiment des plats destinés aux artistes du ballet qui doivent suivre un régime sévère.

Les déficiences dans la planification du répertoire sont discutées avec feu. Il existe ce qu’on appelle des «normes de protection» que la direction du théâtre n’a pas le droit de dépasser. Pour les artistes du chœur et de l’orchestre, la norme est de dix-huit à vingt spectacles par mois, pour les principaux solistes d’opéra de sept à huit spectacles et, pour les solistes du ballet, cinq à sept. En ce qui concerne le corps du ballet, elle est de quinze à dix-sept. Quand les normes sont dépassées, les artistes touchent un supplément, et si elles ne sont pas remplies, le salaire demeure inchangé.

Il est arrivé que des choristes se soient plaints de la succession de grands spectacles comme Boris Godounov, Aïda, La Fiancée du tsar, qui sont très fatigants, ou que des danseurs du ballet aient été mécontents d’avoir dû danser trois jours de suite, et même dû, un jour, danser en matinée et en soirée. Dans ces cas, le comité syndical invite la direction à réviser les plans. […]

Les artistes d’opéra ont droit à la retraite après vingt-cinq ans de travail, et les artistes de ballet après vingt ans, sans limite d’âge. La pension représente généralement le 50% du salaire mais ne dépasse pas 120 roubles [120 francs de l’époque]. Les artistes célèbres touchent une pension personnelle de 250 à 400 roubles par mois.

Il arrive souvent que des artistes ayant droit à la retraite continuent à travailler: ils sont en pleine forme, contribuent à rehausser le spectacle; aussi la direction les prie de ne pas encore prendre leur retraite. Dans ces cas, les artistes touchent leur salaire, mais pas de pension. »

« Un médecin de la policlinique du théâtre propose, par exemple, de varier plus l’assortiment des plats destinés aux artistes du ballet qui doivent suivre un régime sévère »

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