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Boris Vian: Manuel de Saint-Germain-des-Prés

Boris Vian Manuel de Saint-Germain-des-Prés Le Livre de

Boris Vian

Manuel de Saint-Germain-des-Prés

Le Livre de Poche, 256 p.

La verve de Boris Vian ne s'émousse pas avec le temps. Plus d'un demi-siècle après sa première édition, son Manuel de Saint-Germain-des-Prés garde son insolente fraîcheur. A sa façon, il restitue cette ambiance «dingue» d'après la Libération qu'ont connue les patriarches d'aujourd'hui. Avec l'aide de nombreuses photos d'époque. Dans la géographie du quartier, Vian s'intéresse surtout au sous-sol, «floraison de cavernes… grottes de dimensions variables connues sous le vocable générique: caves existentialistes». Il ne résiste pas au non-sens quand il parle du climat: «Il pleut peut-être à Saint-Germain-des-Prés mais seulement sur ceux qui n'y viennent pas.» Le ton change lorsqu'il dépouille la presse de l'époque. D'incroyables articles fielleux paraissent alors sous la plume de certains journalistes. Vian restitue ensuite les «faits et mythes réels», remontant aux traces plus lointaines: le Flore, lancé par la «bande à Prévert» et où Sartre officiera plus tard; Lipp, où Raymond Queneau se bagarrait avant guerre contre les gens de l'Action française; Aux Deux Magots, La Rhumerie, et puis bien sûr, après la Libération, les fameuses caves: le Tabou, le Club Saint-Germain, le Méphisto. On s'attardera enfin sur la galerie des portraits des familiers de ces lieux. Ils sont là, plus de quatre-vingts, célèbres gens de plume, de planches, de cinéma, de musique, venus sans masque «s'éclater», comme on ne disait pas encore.

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