Un livre en forme de voyage spatiotemporel: c’est un peu cela, Botaniste, et beaucoup plus. Signé par Marc Jeanson et Charlotte Fauve, le livre se présente aussi comme une baignade dans un océan de plantes, de la canopée aux lichens; un parcours de vie, celui de Marc Jeanson, directeur trentenaire de l’Herbier du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, ainsi qu’une galerie de portraits, cette famille volontiers vagabonde, hirsute et passionnée de botanistes du XVIIIe siècle, fondateurs d’une science alors en plein essor. Botaniste est aussi, à sa façon généreuse, empathique, une leçon d’humilité face à la profusion, à l’inventivité, à la résilience du monde végétal. Enfin, ce livre superbement écrit est aussi un appel à l’éveil face à cette richesse en voie de disparition accélérée, une façon de donner pleinement corps au mot biodiversité.

Souvenirs d’enfance

En commençant la lecture, cette surprise tout d’abord. Il existe donc un Herbier national, à Paris. Alors que le mot herbier convoque des souvenirs d’enfance de primevères pressées dans un dictionnaire, il en existe une version tout ce qu’il y a de plus sérieuse. Depuis 350 ans, «logé dans un bâtiment austère à l’arrière du Jardin des plantes», cet Herbier parisien s’étend sur plusieurs étages et a réuni, au fil des siècles, 8 millions de spécimens: 6 millions de plantes vasculaires, 2 millions d’algues et de champignons.