A «Come Bach!», les fans des Equals pourront répondre «Baby, come back»! Le 20e festival consacré au cantor de Leipzig n’a certes rien de rock’n’roll. Il n’empêche que pour les «bachophiles», une belle fête s’annonce à Lausanne dès ce vendredi.

Le festival, créé il y a deux décennies déjà, voulait rendre hommage au grand Jean-Sébastien dont on pouvait alors penser qu’il n’en avait pas forcément besoin. Pari plus que réussi puisque vingt saisons plus tard, la manifestation tient non seulement bien la route, mais s’est enracinée avec succès en terres lausannoises. Et elle attire toujours plus de mélomanes, musicologues ou passionnés de la musique du compositeur allemand, mais aussi de ses prédécesseurs, contemporains ou descendants. Ainsi, au fil d’années qui ont volé comme des feuilles d’automne dans le vent, la programmation s’est magnifiquement étoffée.

Santé insolente

A l’origine de ce projet «bachien», la grande organiste Kei Koito tient les rênes depuis les débuts. La musicienne reconnue est soutenue par Daniel Robellaz, organiste lui aussi, homme de plume et de radio, très cultivé et fin connaisseur de musique baroque.

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A l’heure où la défense d’un festival n’a rien d’une sinécure, la santé du rendez-vous lausannois pourrait paraître insolente. On ne s’en étonne pourtant pas en regardant les affiches qui se sont enchaînées annuellement, et particulièrement celle de cette année anniversaire.

Tout commence ce vendredi par la sublime Messe en si, avec le chef genevois d’origine argentine Leonardo Garcia Alarcon. Avec lui, son chœur de Namur et sa Capella Mediterranea défendront l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’art choral sacré. Puis neuf autres rendez-vous, intimistes ou plus étoffés, se suivront, majoritairement les vendredis.

Une «troisième Passion»

Parmi eux, on relèvera un programme avec le baryton Nicolas Achten, une conférence de Gilles Cantagrel pour annoncer la Köthener Trauermusik dont Alexander Grychtolik et la Deutsche Hofmusik livreront les beautés dignes d’une «troisième Passion», selon le conférencier français.

Il y aura aussi du clavicorde (Pierre Goy), du basson avec percussion et ensemble latino (A Corte Musical avec Rogerio Gonçalves), du luth et chant (Luca Pianca et Roberta Mameli) et du violon seul (Virginie Robillard) pour l’expression en petite formation.

Mais les ouvrages plus conséquents ne sont pas en reste avec le Huelgas Ensemble de Paul Van Nevel dans un programme autour de Luther, et la magnifique Offrande musicale défendue par Rinaldo Alessandrini et le Concerto Italiano.

De quoi se repaître du grand Bach, dans toute sa diversité.


Festival Bach de Lausanne, du 3 au 24 novembre, Lausanne.