Il y a deux façons d’attaquer une banque, les Dalton vous le confirmeront: en passant par la porte d’entrée, revolver au poing, ou par en dessous avec un marteau-piqueur, façon Spaggiari. Les auteurs du Robo del siglo, à Buenos Aires, ont eu un coup de génie en associant la méthode intrusive des brigands de l’Ouest et l’approche subreptice des égoutiers de Nice: entrer par la porte et s’esbigner par les sous-sols tandis que les forces de l’antigang encerclent le bâtiment. Basé sur une histoire vraie, le film d’Ariel Winograd retrace le hold-up magistral de janvier 2006 dans le registre de la comédie, tout en sachant maintenir le suspense.

Fernando Araujo (Diego Peretti, grande star argentine) est artiste, professeur de judo et amateur compulsif de marijuana. Il rêve d’une œuvre d’art totale, un bon casse par exemple. L’inspiration lui vient un soir d’orage quand les caniveaux débordent et que les bouches d’égout font comme des points à relier pour dessiner un trajet vers la banque. Il recrute Mario Vitette (Guillermo Francella, dans un numéro excentrique à la Peter Sellers), escroc professionnel aux nerfs et au regard d’acier, et quatre comparses habiles de leurs mains à défaut d’être des lumières.