Le Temps: Comment est né «Ge conte»?

Françoise Dupraz: La communauté «Ge conte» est intégrée au projet de la Journée cantonale genevoise à Expo.02, qui est très liée à la parole, mais en fait lui est préexistante. Le réseau est né en mai 2000, sur mon impulsion. Plan-les-Ouates organise depuis plusieurs années un festival de contes, d'autres ont disparu, aux Eaux-Vives ou à Saint-Gervais. Je savais aussi qu'Anne Bisang voulait inscrire le conte dans la saison de La Comédie. Je trouvais dommage de ne pas s'entraider. La Journée cantonale a permis de développer le réseau qui comprend à la fois des conteurs, professionnels et amateurs, et des programmateurs.

– Pourquoi cette envie de valoriser ainsi la parole?

– D'abord parce qu'il s'agit d'un contre-pouvoir à l'image qui nous envahit. Aussi parce que le conte est un art du don, du partage. Le conteur est un peu comme un jazzman, un funambule moins soutenu qu'un comédien ou qu'un lecteur. Dans nos programmations, nous établissons aussi des liens avec une autre forme de prise de parole très prisée par les jeunes, le slam. Ce que nous apprécions aussi dans le conte, c'est son rapport à l'intimité, le rapport humain.

– «L'Automne de la parole» se déroule dans une grande diversité de lieux, de la maison de quartier au théâtral institutionnel qu'est La Comédie.

– Cela correspond à un coup de cœur pour le conte à Genève, mais démontre aussi la multiplicité de formes qu'il peut prendre. On peut raconter des histoires devant une salle de 700 personnes comme dans le métro.

«Ge Conte». Rens. 022/794 87 90 et 022/735 61 15.