Culture

Brève rencontre. Marco Solari, président du Festival de Locarno

Le Temps: La vie d'un président de Festival de Locarno ne doit pas être

Le Temps: La vie d'un président de Festival de Locarno ne doit pas être de tout repos. Comment se déroule la vôtre?

Marco Solari: Comme celle d'un PDG, remplie d'obligations à ras bord. Mon rôle et mon souci sont de veiller rigoureusement à la santé financière du festival et d'assurer les années suivantes. Ce qui réussit d'ailleurs, mais non sans d'énormes efforts. Notre budget s'élève à 10 millions dont 15% proviennent de la billetterie. Le reste est à conquérir. Le canton du Tessin se trouve fortement mis à contribution; il assume cette responsabilité et, jusqu'à 2005, nous garantit son soutien total. Pour la suite, les signes que nous adressent les politiciens tessinois sont très encourageants. Et nous comptons sur la Confédération et le sponsoring pour compléter ce qui manque.

– Quelle part prend l'économie privée dans le soutien au festival?

– Cette part représente 30% du total. En ces temps d'argent rare, elle s'obtient difficilement. Mais j'observe une évolution positive. A l'époque où je dirigeais les festivités du 700e anniversaire de la Confédération, les milieux de l'économie et ceux de la culture se tournaient résolument le dos. Aujourd'hui, ils entretiennent un dialogue constructif. La méfiance est tombée de part et d'autre. Mais cette bonne qualité de rapports ne va pas de soi; elle a besoin d'être entretenue. Ne jamais se décevoir mutuellement. Mais aussi, veiller jalousement à l'indépendance totale de la création.

– Et du côté de la Confédération?

– Eh bien, nous attendons avec impatience la venue de Pascal Couchepin et de Micheline Calmy-Rey. Leur appui est décisif. Nous comptons sur le premier, responsable de la culture, pour favoriser la bonne entente entre culture et économie. Et avec la cheffe des Affaires étrangères, nous avons trouvé un terrain de collaboration original et favorable: depuis cette édition du festival, nous travaillons avec la Direction du développement et de la coopération (DDC) pour une aide à des pays déterminés à travers le cinéma. Une action qui se poursuivra deux années de plus en tout cas.

– Comment se dessinent les années qui viennent?

– Je ne mise pas sur une amélioration conjoncturelle mais sur notre propre rigueur. J'ai dû livrer des combats furibonds avec la direction artistique pour y parvenir! Moyennant quoi, le budget du festival suivant est d'ores et déjà assuré.

Publicité