La plasticienne genevoise Tito Honegger présente une dizaine de monotypes, réalisés à l'encre d'imprimerie sur papier japon, ainsi que six sculptures et quelques objets plus petits. Les monotypes sont exécutés sur une plaque de plexiglas, où l'artiste, une fois la couche d'encre posée, intervient à la main, grattant et effaçant du doigt, traçant des sillons, aménageant des trous.

Après que la plaque a été appliquée et pressée sur du papier, y reproduisant le dessin, celui-ci apparaît un peu flou. Le tout baigne dans une atmosphère d'irréalité nocturne (d'une nuit de pleine lune). D'autres monotypes, de format étroit, vertical, alignent les bandes parallèles, d'un noir plus ou moins opaque et intense.

Parfois, quelques tracés plus fins, irréguliers, s'écartent des tracés rectilignes et figurent des branches; celles-ci renvoient aux objets de papier mâché ou de plâtre. Légers comme les boules blanches dansant sur les vagues, ces objets bricolés insistent sur la dimension verticale de l'arbre – et de l'homme. Celui-ci, tel le marcheur de Giacometti, artiste auquel fait également penser le caractère surréaliste de ces sculptures, est suggéré «en négatif»: les fils de fer ou les balles de papier mâché, le tout peint en blanc, disent plutôt un mouvement, une propriété (la légèreté, l'équilibre), qu'ils ne dessinent une figure.

Tito Honegger. Monotypes-sculptures. Galerie Foëx (rue de l'Evêché 1, Genève, tél. 022/311 26 86).