Alors que Tori et Kyle font le nécessaire pour engendrer l’enfant tant désiré, un ovni se crashe non loin de leur ferme du Kansas. Les années passent, et Brandon est le plus beau des bébés, comme en témoignent d’attendrissantes vidéos familiales. Hélas, voici la puberté qui métamorphose les chérubins roses en grands machins boutonneux. A 12 ans, Brandon manifeste quelques bizarreries comportementales et physiologiques. Indéniablement intelligent, il manque d’empathie. Sous son matelas, il planque des photos de filles nues, ce qui est normal, mais aussi des photos médicales de viscères.

Des crises de somnambulisme l’entraînent au fond de la grange, devant une trappe lourdement cadenassée sur un secret. Il démontre une force surhumaine et de l’invulnérabilité: il ne s’est jamais blessé, la lame de la tondeuse à gazon se tord contre sa main…

Une métaphore sanglante

Oui, comme on le pressentait et comme le précise un flash-back à l’usage des nigauds, Brandon est un extraterrestre, et un extraterrestre du genre hostile. Seule Tori, aveuglée par l’amour maternel, refuse d’admettre la vérité, tandis que Kyle rappelle que le serpent réchauffé dans leur sein n’est pas leur fils «mais quelque chose trouvé au fond des bois». Histoire de régler le problème, le père effaré emmène le gamin à une partie de chasse en forêt; il n’en revient pas…

Fort d’une maxime qu’il n’a pas trouvée dans la Bible («Quand quelque chose de moche arrive à de mauvaises personnes, c’est pour de bonnes raisons»), l’alien juvénile passe à l’action. Il brise la main d’une camarade de classe, larde de débris de verre la mère de celle-ci, fracasse la voiture de son oncle avec l’oncle dedans, écrabouille le shérif… Il conçoit un costume dont la cagoule de laine rouge évoque le masque du bourreau et fait dans son cahier les brouillons de l’Apocalypse…

Brightburn – L’Enfant du mal peut se lire comme une métaphore sanglante de la révolte adolescente et du complexe d’Œdipe. Mais aussi comme une version en négatif de Superman: et si le super-héros tombé des étoiles s’était profilé non comme le défenseur mais comme le pire cauchemar de l’humanité? La thèse est d’autant plus intéressante qu’il n’y a pas de kryptonite pour calmer les ardeurs destructrices de Brandon dont le pouvoir croît de façon exponentielle. Malheureusement, David Yarovesky, auquel on doit l’éprouvant The Hive, ne tire pas grand-chose de son argument. Dépourvu de la moindre finesse, son film s’avère juste outrageusement gore.


Brightburn – L’Enfant du mal, de David Yarovesky, avec Elizabeth Banks, David Denman, Jackson A. Dunn, Matt L. Jones, 1h30.