Sur les talons de l'incroyable Los Muertos de Lisandro Alonso, voici la version light du renouveau argentin: une comédie douce-amère quasiment «à l'italienne», n'était le choix d'atténuer la caricature au profit d'une plus grande vérité des personnages. Enthousiaste, Brad Pitt envisagerait déjà un remake américain, mais on peut d'ores et déjà enjoindre de découvrir plutôt l'original, tant ce film est profondément ancré dans la réalité argentine.

Buena Vida (Delivery) raconte les mésaventures de Hernán, un jeune coursier de Buenos Aires. Seul dans la maison familiale après le départ de son frère, il parvient à attirer chez lui, comme colocataire puis comme amie, la belle Patricia, qui travaille dans une station-service. Tout irait pour le mieux si elle ne traînait pas avec elle quelques casseroles familiales, en particulier un vieux père déterminé à relancer sa fabrique de churros (pâtisserie frite et sucrée)…

Après avoir débuté comme une comédie sentimentale à la Massimo Troisi, le film vire à la satire sociale façon Ettore Scola. Plus explicite que chez Daniel Burman (Le Fils d'Elias), cette référence se mue toutefois en pur cinéma argentin à travers la peinture réaliste d'une société en déliquescence, où la débrouille l'emporte sur la solidarité. Ni romantique ni cynique, le jeune cinéaste ne stigmatise aucun de ses personnages. Piège malgré elle, la belle Patricia ne pouvait qu'attirer le naïf Hernán et leur histoire d'amour virer en eau de boudin. C'est la crise, c'est la vie.

Buena vida (Delivery), de Leonardo Di Cesare, avec Ignacio Toselli, Moro Anghileri, Oscar Nuñez.