C’est une déception amoureuse qui a mené Jeanne dans ce village au cœur de La Vallée aux merveilles, celle de la Roya, près de l’Italie. Sa mère a pensé qu’un séjour en pleine nature pourrait lui changer les idées. Ce sera le cas, certes, mais c’est surtout son regard sur le monde, sur les autres, sur la vie en général qui sera définitivement bouleversé, car Saorge est un lieu névralgique d’accueil et d’aide aux migrants qui se risquent à passer la frontière dans ces zones périlleuses, et Miette, la tante de Jeanne, est une personne clé de l’engagement de toute une communauté.

Solidarité d’un village

Avec sa belle couverture de Baudouin, son écriture limpide et des dialogues vifs, ce récit de Sylvie Deshors propose, par la voix d’une adolescente, une sensible plongée dans un univers bien méconnu. S’il y a parfois un soupçon de didactisme (mais peut-être qu’il en fallait), c’est surtout par la magie de gestes, de regards, de repas ou de chants partagés que peu à peu des liens se tissent, entre les protagonistes mais aussi avec le lecteur. Comme si la solidarité d’un village – où l’auteure a séjourné – devenait contagieuse, comme si la fiction parvenait mieux que journaux et télévision à atteindre les cœurs et les consciences.